Notre grande conférence annuelle s’est tenue il y a un peu plus d’un mois déjà !
L’occasion de faire un récapitulatif de cette journée riche humainement et porteuse de réflexions pour l’avenir de la mobilité en Valais.
Pour animer cette conférence, nous avons eu le plaisir de profiter de l’expertise de Stein Van Oosteren. Franco-néerlandais, ancien porte-parole du Collectif Vélo Île-de-France et auteur de trois ouvrages sur le vélo et le changement de société : Désir d’agir, Pourquoi pas le vélo et 50 bonnes raisons de faire du vélo. Il incarne une vision à la fois concrète et inspirante de la transition cyclable.
La balade diagnostique à Sion
Nous tenions à profiter de l’expérience de Stein pour avoir son point de vue et ses conseils sur les aménagements cyclables de zones clés de Sion : la gare, le carrefour de l’étoile, la Place du Midi et la vieille ville.
La présence d’ingénieurs mobilité de la ville et du canton, de Joakim Faiss, auteur du blog BikinValais (tu peux retrouver son article dédié ici) et de plusieurs membres de notre comité ont enrichi les échanges et ont permis de comprendre notamment l’historique des aménagements, les motivations qui ont amené aux évolutions actuelles et ainsi, confronter les réalités terrain avec les objectifs envisagées.
Pour Stein, l’indicateur d’un bon aménagement cyclable est qu’un enfant de 10 ans puisse rouler en autonomie, si ce n’est pas le cas, alors il faut revoir la manière de faire.
Que ce soit la gare ou le carrefour de l’étoile, le constat est sans appel : les cyclistes, ou les survivant.e.s comme les appelle Stein, ne sont absolument pas protégé.e.s par des infrastructures dédiées et donc sécurisées.

Pour qu’il y ait de nouveaux cyclistes, et donc développer la part modale du vélo, il faut un réel sentiment de sécurité, et de la peinture au sol, ce n’est pas suffisant, il faut plus, bien plus.
Heureusement, la Place du Midi et la vieille ville ont été plus agréables pour Stein et lui ont même fait penser aux Pays-Bas ! Une belle zone de rencontre dans laquelle les automobilistes sont très vigilant.e.s et même peu à l’aise, tant l’aménagement brouille les repères habituels des voitures : les terrasses débordent presque sur la route, des arbres offrent des grandes zones d’ombres et l’absence d’une route clairement délimitée invite naturellement à ralentir.
Cette visite de terrain a permis de confronter les bonnes intentions aux réalités vécues par les cyclistes. Un constat qui a naturellement trouvé un écho lors de la conférence du soir, consacrée au rôle du vélo comme moteur de santé et de transformation de nos villes… et de nos vies !
La conférence “Vélo, moteur de notre santé”
Près de 120 personnes étaient présentes à l’Aula Energypolis à Sion, pour assister à cette conférence organisée avec le soutien de Promotion Santé Valais et le Service de la Mobilité du canton du Valais.

Même si nous étions majoritairement entre convaincu.e.s, cette conférence nous a aussi offert des clés pour dialoguer avec celles et ceux qui hésitent encore. Car qui ne s’est jamais retrouvé dans une discussion sans fin autour de la place du vélo ?
Stein Van Oosteren conseille une première approche qui est de questionner très concrètement sur le nombre de trajets réalisés chaque jour, leurs distances ou encore ce que les personnes transportent (à part elles-même), afin d’amener progressivement l’éventualité d’un changement d’habitude. Pour ensuite, arriver à des questionnements plus profonds : quelles rues voulez-vous ? Quel avenir voulez-vous ? Pour responsabiliser tout un chacun sur son rôle dans l’avenir de la planète et ce qui sera laissé aux générations futures.
Il nous a également beaucoup inspiré en partageant son expérience des Pays-Bas notamment, et de cette culture vélo si bien ancrée, dès le plus jeune âge, grâce évidemment à des politiques publiques fortes en ce sens.

Pour faire évoluer durablement notre rapport au vélo, il invite à changer notre regard sur cinq dimensions essentielles :
La ville : imaginer des espaces plus proches du modèle de la ville-village, plus conviviaux et plus humains.
Le transport : le vélo n’est pas uniquement un loisir ou un sport, c’est avant tout un moyen de déplacement qui améliore la qualité de vie.
L’urbanisme : penser les villes pour leurs usagers en dépassant la motonormativité.
La nature : redonner de la place au vivant dans nos espaces urbains.
Les crises : voir dans les périodes de bouleversement des opportunités d’accélérer les changements, comme à Paris pendant la pandémie.
Mais comment changer concrètement ce regard ? Individuellement on peut se sentir dépassé.e, sans force face à l’ampleur de la tâche…
Et pour Stein, la solution réside notamment dans les structures qui œuvrent en faveur du vélo : réunir des personnes convaincues, unir les forces, et avoir du poids. Parce qu’être membre d’une association, c’est un impact qui va bien au-delà d’une cotisation, c’est une force collective qui se prouve par le nombre et qui permet d’aller encore plus loin dans les actions concrètes.
Si tu souhaites nous rejoindre et soutenir nos actions en faveur du vélo en Valais, clique ici.
La table ronde animée par notre secrétaire et reponsable du pôle lobbyisme et infrastructures, Philippe Jansen
La conférence a été suivie d’une table ronde en présence de :
- Lara de Preux-Allet : Directrice de la Haute École de Santé
- Yves Gerber : Directeur du TCS de Genève
- Sébastien Métrailler : Chef de la Cellule Mobilité douce du Service de la Mobilité du canton du Valais
Et enfin, la raclette organisée à l’Archipel
Nous avons eu le plaisir de convier les participant.e.s à une raclette, pendant laquelle Stein a pu apprendre à racler pour son plus grand plaisir.

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