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PRO VELO Valais Wallis

PRO VELO Valais Wallis

L’association pour la promotion de la mobilité cyclable quotidienne et la défense des cyclistes en Valais.

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Philippe Jansen

Le vélo jugé, le système absous 

8 février 2026

Malgré ses bénéfices largement démontrés pour la santé, l’environnement et la qualité de vie, le vélo reste l’un des modes de déplacement les plus contestés. Avec La vérité sur le vélo. Enquête sur un refus de priorité, Heidi.news met en lumière une réalité dérangeante : bien plus que les comportements des cyclistes, c’est le regard porté sur eux, et les choix politiques qui en découlent, qui freinent le développement d’une mobilité saine, équilibrée et sécurisée.

Les cyclistes, coupables idéaux

Depuis des années, le vélo fait l’objet d’une suspicion disproportionnée dans l’espace public. Le terme de « cycloterroriste », inventé il y a une vingtaine d’années, en est l’exemple le plus caricatural (p. 11). Aucune expression équivalente n’existe pour désigner les voitures, pourtant responsables de dégâts bien plus graves : excès de vitesse, usage du téléphone au volant ou non-respect des distances de sécurité. Le cycliste dérange parce qu’il remet en cause l’ordre établi de la rue.

Alors que, dans les croyances populaires, les cyclistes commettraient plus d’infractions que les automobilistes, des études menées au Danemark et au Royaume-Uni montrent un constat bien différent : 15 % des cyclistes enfreignent les règles de circulation, contre 66 % des automobilistes, principalement pour des excès de vitesse ou l’usage du téléphone (p. 24). Ces chiffres révèlent un biais culturel profond : certaines infractions sont banalisées lorsqu’elles sont commises en voiture, tandis que celles des cyclistes sont perçues comme le symptôme d’un comportement dangereux ou irresponsable.

Regarder son téléphone quelques secondes au volant ou rouler à 57 km/h dans une zone limitée à 50 sont devenus socialement acceptables. Pourtant, ce sont bien ces « petits écarts » qui provoquent chaque année des accidents graves. Le problème n’est donc pas seulement le non-respect des règles, mais la hiérarchie implicite que nous établissons entre les infractions, et entre les usagers de la route.

Source: Heidi News

Le vélo n’est pas une affaire de courage, mais de conditions

Cette asymétrie se retrouve également dans la manière de parler des accidents. Lorsqu’un cycliste est blessé ou tué, le récit public se concentre souvent sur son comportement : portait-il un casque ? Était-il visible ? Respectait-il le code de la route ? (p. 25). À l’inverse, la vitesse du véhicule impliqué, l’aménagement de la route ou l’absence d’infrastructure adaptée, notamment aux intersections, sont relégués au second plan (p. 22).

Un autre phénomène souvent ignoré mérite d’être souligné : l’augmentation continue de la taille des voitures. En Suisse, les véhicules grandissent en moyenne d’un à deux centimètres par an depuis 2011 (p. 51). Cette évolution n’est pas sans conséquence pour le partage de l’espace public et pour la sécurité des usagers plus vulnérables, mais elle reste largement absente des débats sur la responsabilité et les risques routiers.

Le vélo n’est donc pas une affaire de courage individuel, mais bien de conditions de circulation. Tant que l’analyse des accidents se focalise quasi exclusivement sur le comportement des cyclistes, les causes structurelles, aménagements, priorités données aux différents modes de transport, restent hors champ.

Lire aussi : Les préjugés les plus courants sur les cyclistes

Un enjeu majeur de santé publique

Changer de regard sur le vélo, c’est aussi changer d’échelle. Car ses bénéfices dépassent largement la seule question du trafic. Trois heures de vélo par semaine suffisent à réduire le risque de mortalité de 40 %, et ce malgré l’exposition aux particules fines (p. 46). Les avantages de la mobilité active l’emportent très largement sur les risques liés aux accidents ou à la pollution de l’air.

Les cyclistes présentent également moins de troubles de santé mentale, tandis que les maladies liées à la sédentarité et au surpoids représentent près de 80 % des coûts de la santé. Heidi.news estime que si la part des déplacements domicile-travail à vélo à Genève atteignait celle de Copenhague, les coûts de la santé pourraient diminuer de 750 millions de francs par an (p. 46). Le vélo apparaît ainsi comme un levier majeur, non seulement pour la mobilité, mais aussi pour la santé publique.

Participer à la conférence annuelle en lien avec la santé

Et pour le Valais?

Le Valais ne manque ni de vélos, ni de cyclistes potentiels. Les montagnes n’excusent pas à elles seules une faible utilisation du vélo : près de 70 % de la population habite en plaine. Développer l’usage du vélo représente pourtant une opportunité majeure pour le canton. En favorisant une mobilité plus active, le Valais pourrait réduire les coûts liés à la santé, améliorer la qualité de l’air dans les zones habitées et diminuer la pression sur des infrastructures routières souvent saturées. 

Quelques faits

  • Près de 70% des citoyennes et citoyens valaisans habitent en plaine et vivent à moins de 2km d’une gare
  • Le Valais compte 648 voitures pour 1000 habitants, contre 541 en moyenne suisse
  • En Suisse, env 45% des distances de déplacement en voiture sont inférieurs à 5km

Développer une véritable culture du vélo ne consiste pas à opposer les usagers, mais à concevoir un système cohérent, lisible et sûr. Le message central de ce numéro de Heidi.news est clair : le vélo n’est pas un problème à gérer, mais une solution à activer. À condition de cesser de juger les cyclistes, et de commencer à interroger sérieusement le cadre dans lequel on leur demande de circuler.

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FAQ : les préjugés les plus courants sur les cyclistes

25 janvier 2026

Les connaissances liées à la mobilité douce et la mobilité de manière plus générale sont souvent contre-intuitives. Voici quelques préjugés que nous entendons (trop) souvent.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous en connaissez d’autres? Contactez-nous. Ou sinon, rendez-vous sur la page de Cycling fallacies.

Pourquoi a-t-on des préjugés sur les cyclistes?

Ils sont le fruit d’un mélange de psychologie sociale, de conflits d’usage de l’espace public, et de culture routière ancrée. Tentative d’explication. 

1. Les biais cognitifs

  • Biais de confirmation: les automobilistes qui s’attendent à ce que les cyclistes se comportent mal remarquent davantage les infractions des cyclistes, tout en ignorant ou minimisant celles des automobilistes (par exemple, petits excès de vitesse, stops glissés, téléphone au volant…). 
  • Biais de visibilité: un-e cycliste qui roule à contresens ou passe un feu rouge attire davantage l’attention que 10 voitures qui dépassent légèrement la vitesse limite. 

2. La culture de la voiture dominante

En Valais, la voiture est la norme sociale. Tout ce qui la remet en cause – piétons, transports publics, cyclistes – est perçu comme un obstacle ou une entorse à l’ordre établi. Il s’agit d’un concept scientifique qui s’intitule motonormativité, bien expliqué ici. 

3. Le conflit d’usage

Les cyclistes partagent l’espace routier avec les piétons, les automobilistes et les transports publics. Ils sont perçus comme gênants, car ils sont visibles partout, sans avoir d’espace réellement conçu pour eux.

4. Manque de connaissance

  • Beaucoup d’automobilistes n’ont jamais fait du vélo en ville ou sur une route de montagne. Ils ignorent les contraintes réelles comme le danger physique, le dépassement trop proche, le refus de priorité. 
  • Parfois, il y a même la méconnaissance de règles basiques. Par exemple:
    • les cyclistes ont le droit de remonter une file de voitures par la droite
    • en présence de ce panneau, on peut obliquer au feu rouge (le feu rouge se transforme alors en cédez-le-passage):

« Les cyclistes ne respectent pas le code de la route »

Il s’agit probablement de la critique la plus courante, qu’on retrouve aisément sous les publications liées à la mobilité douce. Mais est-ce vraiment vrai, ou seulement une perception subjective? 

1. Ce que montrent les études

Les données disponibles vont toutes dans le même sens : les cyclistes respectent majoritairement les règles, et pas moins que les automobilistes.

Une étude danoise commanditée par le gouvernement en 2019, basée sur l’observation vidéo de 28’579 cyclistes à des carrefours, montre que seuls 4.9% des cyclistes enfreignent le code lorsqu’ils roulent sur une piste cyclable. En l’absence de piste, ce chiffre monte à 14%. Les petites villes dépourvues d’infrastructures cyclables bien aménagées présentent nettement plus d’infractions que les villes bien équipées.

Parallèlement, la direction danoise des routes a montré que près de deux tiers des automobilistes enfreignent régulièrement la loi, l’excès de vitesse étant l’infraction la plus fréquente.

Une étude du Florida Department of Transportation a suivi 100 cyclistes équipés de GPS et de caméras pendant plus de 2’000 heures. Les cyclistes respectaient la loi 88% du temps de jour et 87% de nuit, alors que les automobilistes interagissant avec eux n’étaient en conformité que dans 85% des cas.

À Londres, Transport for London a observé 7’502 cyclistes sur cinq grands carrefours aux heures de pointe. Seuls 16% ont grillé un feu rouge à au moins un des sites observés, ce qui signifie que 84% respectaient les feux.

2. L’infrastructure change les comportements

Toutes ces études montrent que le respect des règles dépend fortement de la qualité de l’aménagement.

Au Danemark, on passe de 4.9% d’infractions sur pistes cyclables à 14% sans infrastructure. Les comportements perçus comme « illégaux » sont souvent une adaptation à un environnement mal conçu.

3. Les cyclistes enfreignent surtout pour se protéger

Deux études académiques majeures montrent que lorsque les cyclistes ne respectent pas une règle, ce n’est généralement pas par désinvolture.

L’étude « Scofflaw Bicycling: Illegal But Rational » (Université du Colorado / Nebraska, 2017) montre que les cyclistes enfreignent le code de la route pour protéger leur intégrité physique ou économiser leur énergie.

L’étude « Safer Cycling Study » de l’Université de Sydney (2014), menée auprès de 2’000 cyclistes, arrive à la même conclusion : trottoirs, feux rouges ou détours sont le plus souvent des stratégies de sécurité.

4. La gravité réelle est très différente

On se focalise sur les petites infractions visibles des cyclistes, mais ce sont les véhicules motorisés qui causent presque toutes les morts.

En Suisse, des conducteurs ont tué 23 personnes sur des passages piétons en 2023. En France, 99.8% des piétons tués le sont par des personnes motorisées.

Lire l’article de l’OUVEMA (Université de Lausanne)

Ce décalage de perception est bien illustré dans cette vidéo :

Vidéo Carspiracy

5. La visibilité fausse notre jugement

On voit facilement un-e cycliste avec des écouteurs, sur le trottoir ou au feu rouge.
On voit beaucoup moins l’automobiliste qui regarde son téléphone, roule trop vite ou dépasse un vélo de trop près.

6. La plupart des cyclistes connaissent le code de la route

La majorité des cyclistes sont aussi des automobilistes. En Suisse, près de 95% des usagers de vélos électriques ont un permis.

En revanche, beaucoup de non-cyclistes ignorent des règles importantes pour le vélo : 69% ne connaissent pas le tourne-à-droite au feu rouge pour les cyclistes, et 56% ignorent la recommandation de rouler au milieu des giratoires (étude « Les carrefours à vélo », OUVEMA, p.24-25).

7. Le mythe de l’automobiliste respectueux

Les infractions motorisées sont massives et bien documentées, notamment pour la vitesse, l’alcool et l’usage du téléphone.

Par exemple, le BPA montre que le non-respect des limitations de vitesse est très répandu en Suisse :

Lire l’article

En résumé
Les cyclistes ne respectent pas moins le code de la route que les autres usagers de la route. Leurs écarts sont plus visibles et plus critiqués, mais beaucoup moins dangereux. Et lorsqu’ils s’écartent des règles, c’est le plus souvent pour se protéger dans un trafic dominé par la voiture.


« Les voies cyclables sont financées par les automobilistes »

On reproche souvent aux cyclistes de ne pas payer de taxes. Il est alors fait état de la vignette autoroutière, les taxes sur les carburants ou les impôts sur les véhicules. 

Mais pourquoi donc? Voici quelques faits.

  • Vignette autoroutière: le mot l’indique, cette vignette sert à payer les routes nationales (principalement les autoroutes). Selon l’Office fédéral du développement territorial, les 365 millions de francs résultant sont intégralement versées pour les routes nationales, où il n’y a pas de cycliste.
  • Taxes sur les carburants : un véhicule qui n’utilise pas de carburant n’est logiquement pas soumis à une taxe sur les carburants.
  • Impôts sur les véhicules: il est lié à l’utilisation d’un véhicule à moteur. Les vélos électriques rapides paient par exemple, tout comme les cyclomoteurs.

Une catégorisation peu adéquate

Au-delà de ces faits, la plupart des cyclistes sont aussi automobilistes. Dès lors, faire taxer un usager ou une usagère deux fois n’a pas de sens. Dans la même logique, pour être juste, il faudrait alors instaurer un système de paiement à la carte, en fonction du véhicule qu’on conduit, de la route sur laquelle on roule et du carburant qu’on utilise. On voit bien que c’est un non-sens et impossible à appliquer.

Une vision plus large à adopter 

De manière générale, la pratique du vélo apporte de l’argent à la société (alors que conduire une voiture en fait perdre). 

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral du développement territorial ARE, le transport privé motorisé de personnes coûte 17’318 millions de francs par année à la société suisse (chiffres 2022). Chaque fois que l’on prend sa voiture, la société nous “sponsorise” de 28 centimes par kilomètre.

La pratique du vélo, c’est tout le contraire. C’est ce que montre une étude au Bénélux. Chaque km parcouru en vélo rapporterait plus d’un euro à la collectivité, tandis que chaque km parcouru en voiture en coûterait un. 

Autre exemple: selon Stein van Oosteren, auteur du livre “Pourquoi pas le vélo?”, les Pays-Bas investissent 500 millions d’euros par an dans leurs infrastructures cyclables, et estiment que cela leur rapporte une économie en termes de coûts de la santé de 19 milliards d’euros par an (soit 3% du PIB).


« Les cyclistes devraient faire un permis spécifique »

A ce jour, rien ne justifie la création d’un permis spécifique pour conduire un vélo, car:

  • Le vélo est un véhicule soumis aux mêmes règles que la voiture. Dès lors, conduire un vélo implique la connaissance du code de la route, et toute infraction est punissable.
  • Il n’est pas prouvé que les cyclistes commettent plus d’infractions que les automobilistes et mériteraient dès lors qu’on les forme de manière spécifique (voir ci-dessus le paragraphe « Les cyclistes ne respectent pas le code de la route« ). D’ailleurs, les cyclistes sont rarement responsables des accidents les impliquant : les statistiques montrent que les accidents graves impliquant des cyclistes sont souvent causés par des automobilistes.
  • La plupart (env. 95%) des cyclistes sont aussi automobilistes, ils connaissent donc le code de la route car ils sont titulaires d’un permis de conduire. 
  • Une meilleure sensibilisation (y compris des automobilistes) est bien plus efficace que l’imposition d’un permis. PRO VELO mène régulièrement des actions de sensibilisation et donne des cours vélos. 

« Il est temps de réintroduire une vignette pour vélos »

En mars 2025, une élue UDC zurichiose a déposé une motion au Parlement fédéral demandant de “réintroduire une vignette vélo, afin de financer une partie de l’infrastructure routière, notamment les pistes cyclables.” De quoi raviver de vifs débats.

La vérité sur l’ancienne vignette pour vélos

La notion de “réintroduire” interpelle: aurait-on déjà financé dans le passé des pistes cyclables avec une vignette? 

Non. La vignette vélo a été introduite en 1894 en Suisse (oui, c’est vieux, très vieux). À l’origine, il s’agissait d’une plaque métallique destinée à identifier les vélos et à percevoir une taxe. Elle a évolué au fil du temps pour devenir, à partir de 1946, une preuve d’assurance responsabilité civile, ce qui est resté son principal rôle jusqu’à sa suppression en 2012. 

Ainsi, la vignette telle qu’on l’a connue dans le passé n’a jamais financé de piste cyclable!

Un faux sentiment d’injustice 

Certaines personnes crient à l’injustice, lorsqu’elles affirment que les automobilistes paient des taxes que les cyclistes ne doivent pas payer. Rappelons dès lors quelques faits: 

  • Les taxes sur les carburants et la vignette autoroutière financent les routes nationales (où vous ne verrez jamais de pistes cyclables).
  • Les routes cantonales et communales, où vous trouverez parfois des voies cyclables, sont financées par l’impôt, que tout le monde paie (oui, les cyclistes sont des personnes comme les autres, imposées comme tout le monde). 
  • Ce qui coûte cher, c’est de construire des autoroutes (on en sait quelque chose en Valais). Un mètre d’autoroute coûte environ 145 fois plus cher qu’un mètre de piste cyclable. Si vous pensez donc trop payer, demandez au politique de créer des pistes cyclables.
  • Si on introduisait une vignette pour le vélo, rapportée au prix de la vignette autoroutière, elle coûterait 28 centimes par année. Cela montre à quel point une telle vignette serait absurde.

« Diminuer le nombre de voitures dans les centres-villes tue nos commerçants »

Parfois, des commerçants mettent la clé sous le paillasson. Bien que navrant, cela est la dure réalité d’une économie de marché. Mais est-ce la faute d’un urbanisme faisant de la place à la mobilité cyclable?

Une thématique complexe et multifactorielle

La cause d’une fermeture peut s’expliquer souvent par plusieurs facteurs.

  • Le commerce en ligne : dans notre monde moderne, nous achetons souvent en ligne, car c’est pratique. Cela se fait au détriment des commerces locaux.
  • Des loyers exorbitants: les loyers dans les centre-villes sont souvent élevés, ce qui a un impact sur les coups d’exploitation.
  • La concurrence des grands centres commerciaux: il est certes plus simple de faire toutes ses courses en une fois, et ne plus faire l’effort d’aller voir les commerçants du coin.
  • La vacance commerciale qui s’auto-alimente: quand plusieurs commerces ferment dans une même rue, le flux de clients baisse encore, ce qui met encore plus de pression sur ceux qui restent. C’est un effet «domino» : moins de boutiques = moins de visiteurs = encore plus de fermetures.

L’imagination du scénario inverse

La mobilité douce (et plus largement l’urbanisme) ne sont pas une cause des fermetures des petits commerces.

D’une part, car c’est plus un mythe populaire qui a été réfuté tant scientifiquement qu’empiriquement dans tant de villes.

Lire l’article de Cycling fallacies

D’autre part, imaginons le scénario inverse: une vieille-ville avec de nombreuses voitures et des places de parc devant chaque magasin. Si, dans un scénario ‘idéal’, chaque place de parc apporte 2 personnes, chaque magasin bénéficie de 2 places de parc et chaque client passe en moyenne 15′ dans la boutique, cette dernière verra env. 16 visiteurs par heure.

Il s’agit d’un scénario peu imaginable et peu souhaitable, tant cela poserait des problèmes de logistique, pollution et confort de vie. Quoi de mieux qu’une rue piétonne, vivante, qui attire de nombreux passants, dont certains à vélo.


« Le vélo n’a pas sa place en hiver »

Selon une étude de la Haute Ecole de Lucerne, près de 3/4 des cyclistes qui se rendent le plus souvent à leur travail ou à leur formation enfourchent leur vélo même lorsque les conditions météorologiques sont défavorables. Toujours selon cette étude, la satisfaction à l’égard de l’infrastructure cycliste est un facteur décisif. Alors qu’une infrastructure déficiente est presque devenu un mal acceptable en été, cela devient un fait critique en hiver.

Ainsi, cette affirmation repose simplement sur une habitude et de vieilles mentalités!

Dégager les voies cyclables 1-2 jours après les chutes de neige, c’est un choix politique. A Copenhague par exemple, les pistes cyclables sont déblayées en premier, et la ville a massivement investi dans des déneigeuses spécialisées. Le budget pour le déneigement des pistes cyclables a augmenté de 2 millions de DKK par an (270’000 €) à partir de 2012 (source).


« En matière de respect des lois, il y a deux poids – deux mesures »

Selon la loi, le vélo est un véhicule soumis aux mêmes normes que l’automobile. Ainsi, les cyclistes sont aussi soumis à l’ordonnance sur les amendes d’ordre.  

Les infractions possibles y sont listées, comme par exemple: 

« Griller » un feu rougeCHF 60.-
Ne pas s’arrêter complètement à un stopCHF 30.-
Rouler sur le trottoirCHF 40.-
Rouler dans les zones piétonnesCHF 30.-
Ne pas utiliser la piste/bande cyclable (si existante)CHF 30.-
Ne pas accorder la priorité à un passage pour piétonsCHF 40.-
Lâcher complètement son guidonCHF 20.-
Circuler sans feu sur une route éclairée de nuitCHF 40.-
Circuler sans feu sur une route non-éclairée, de nuitCHF 60.-
Circuler sans sonnette (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Circuler sans rétroviseur (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Ne pas porter le casque (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 30.

Ainsi, le vélo étant aussi un véhicule, il est soumis aux mêmes règles que tous les autres véhicules!



Plus de stationnements pour vélos chez les particuliers – un pas décisif est franchi !

5 janvier 2026

Avec l’adoption par le Grand Conseil valaisan de la nouvelle mouture de la loi cantonale sur les constructions et l’entrée en vigueur du nouvel article 39, le cadre légal évolue de manière décisive en faveur du vélo. Désormais, tous les nouveaux projets de construction doivent intégrer des places de stationnement conformes aux normes de l’Association suisse des professionnels de la route et des transports (VSS), y compris pour les vélos. Cette évolution marque un tournant important pour la qualité des bâtiments et pour le développement de la mobilité douce en Valais.

Exemple de places de stationnements qui ne sont pas aux normes
(parking du Nord, Sion)

Des normes désormais contraignantes

PRO VELO Valais/Wallis salue cette avancée politique majeure. En faisant expressément référence aux normes VSS, l’article 39 leur confère désormais un caractère contraignant pour l’ensemble des obligations liées aux places de stationnement : nombre de places, dimensionnement, implantation, places communes, exceptions et contributions de remplacement. Alors que ces normes étaient jusqu’ici souvent appliquées comme de simples recommandations, elles deviennent désormais juridiquement opposables. Cette clarification crée une base solide et uniforme à l’échelle cantonale et garantit que les stationnements vélos seront planifiés selon des standards reconnus de qualité et de fonctionnalité.

Notre intervention sur Rhône FM (07.01.2026)

PRO VELO informe les professionnels de la construction

Afin d’accompagner cette évolution, PRO VELO Valais/Wallis a entrepris une démarche d’information ciblée auprès des bureaux d’architectes et d’ingénieurs actifs dans la conception de logements. Ces jours-ci, une lettre leur est envoyée pour présenter la nouvelle réglementation, souligner l’importance d’intégrer les stationnements vélos dès les premières phases de planification et montrer qu’il est beaucoup plus simple — et plus efficace — de les prévoir dès le début d’un projet que de les ajouter a posteriori.

L’objectif est de favoriser des solutions bien intégrées, fonctionnelles et adaptées aux besoins réels des habitantes et habitants, en évitant des aménagements de fortune peu pratiques ou sous-dimensionnés.

Lire la lettre
Vers le communiqué de presse

Des outils concrets pour bien faire

Les bureaux intéressés ont également reçu le Guide vélo, le manuel stationnement des vélos de la Conférence Vélo Suisse ainsi que le guide exemplaire élaboré par les autorités communales sédunoises. Ces documents détaillent les bonnes pratiques, les exigences techniques et les éléments clés à respecter pour concevoir des stationnements fonctionnels, sûrs et adaptés aux besoins des usagères et usagers.

Une réponse à une demande forte

En 2026, la demande en stationnements vélos est forte dans toute la population. Que ce soit pour les déplacements domicile-travail, les études, les loisirs ou les trajets du quotidien, de plus en plus de personnes choisissent le vélo. Des stationnements bien conçus sont une condition essentielle pour rendre ce choix possible et attractif. Ils contribuent directement à une mobilité plus durable, à la réduction du trafic motorisé et à une meilleure qualité de vie en Valais.

Par cette réforme et par l’entrée en vigueur de l’article 39, le canton se dote enfin d’un outil efficace pour intégrer pleinement le vélo dans la conception des bâtiments et des quartiers. PRO VELO Valais/Wallis se réjouit de cette avancée et poursuivra son engagement pour que ces nouvelles règles soient mises en œuvre de manière ambitieuse et cohérente sur le terrain.

JM UCCIANI, dessinateur
www.ucciani-dessins.com

PRO VELO Valais lance le réseau Avocavélo

8 décembre 2025

Un réseau pour défendre les cyclistes et faire progresser la mobilité douce

PRO VELO Valais annonce le lancement d’Avocavélo, un réseau qui réunit des professionnel·le·s du droit, des expert·e·s techniques et des usager·ère·s engagé·e·s. L’objectif : défendre les droits des cyclistes, mieux accompagner ceux qui rencontrent des difficultés et renforcer la place du vélo dans les politiques publiques.

Sur la route, dans l’espace public ou face à l’administration, les cyclistes sont confrontés à des situations parfois complexes : accidents, litiges d’assurance, problèmes d’infrastructures ou décisions qui impactent la mobilité quotidienne. Avocavélo entend apporter un soutien juridique et stratégique, mais aussi une expertise crédible dans le débat autour de l’aménagement du territoire.

Au-delà du soutien individuel, le réseau souhaite devenir une force constructive pour améliorer les conditions de circulation, promouvoir des aménagements sûrs et encourager un changement de culture en faveur du vélo comme mode de déplacement durable.

Avec Avocavélo, PRO VELO Valais franchit une nouvelle étape pour que se déplacer à vélo en Valais soit plus sûr, plus simple et mieux reconnu.

➡ Envies de contribuer, proposer vos compétences ou simplement soutenir la démarche ?
Rejoignez le réseau Avocavélo et prenons ensemble position pour une mobilité douce ambitieuse et équitable.

Réjoindre le réseau

Les médias en parlent:
– Nouvelliste, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025, journal de 18:00
– 20minutes, 09.12.2025

Politique: il est temps d’agir pour la mobilité cyclable

23 novembre 2025

Une planification en retard : l’échéance approche, les moyens peinent à suivre

Le canton du Valais doit planifier l’ensemble de son réseau cyclable cantonal d’ici fin 2027, conformément aux exigences fédérales. Or, seuls quelques plans sectoriels ont été réalisés à ce jour, alors que la majorité reste encore à élaborer.

Cette situation crée un décalage inquiétant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain. Sans planification complète, les aménagements ne peuvent pas avancer, ce qui retarde la création d’un réseau cohérent, continu et sécurisé pour les cyclistes.

Les ressources actuellement à disposition du Service de la mobilité ne semblent pas suffisantes pour mener à bien, dans les délais, l’ensemble du travail de coordination, de concertation et d’études techniques que nécessite une planification complète du réseau.

Dès lors, une question centrale se pose :

Comment le canton pourra-t-il finaliser la planification dans les délais fédéraux si les ressources restent inchangées ?

Si le Valais souhaite atteindre l’objectif de 2027, un renforcement des moyens — humains ou externes — apparaît nécessaire. Pour l’heure, aucune décision concrète n’a encore été annoncée.


Deux interventions parlementaires qui illustrent des besoins très concrets sur le terrain

Les difficultés de la planification ne sont pas théoriques : elles se traduisent par des retards dans des projets cyclables essentiels, en plaine comme dans le Haut-Valais. Deux interventions récemment déposées au Grand Conseil en témoignent.

🔹 Pont-de-la-Morge – Sion : une requalification annoncée, mais des incertitudes persistantes

Dans une question écrite (2025.11.419), le député Florian Chappot (PS) demande des éclaircissements sur l’avancement de la requalification de la route T9 entre Pont-de-la-Morge et Sion-Ouest, un projet présenté début 2024 et destiné à sécuriser un axe de 2,7 km, notamment en intégrant :

  • des cheminements continus pour les cyclistes,
  • des aménagements conformes pour les piétons,
  • des arrêts de bus modernisés.

Les travaux étaient annoncés pour 2027, mais plusieurs zones d’ombre subsistent. Le député demande donc :

  • où en est la procédure (études, autorisations, mise à l’enquête),
  • si le calendrier peut être tenu,
  • si le projet reste une priorité cantonale,
  • et si le cofinancement fédéral ou communal doit être adapté.

Cette intervention souligne l’importance d’assurer un suivi rigoureux des projets stratégiques intégrant des infrastructures cyclables.

Vidéo du projet
Lire l’ntervention parlementaire

🔹 Brig – Visp – Baltschieder : intégrer une liaison vélo rapide avant qu’il ne soit trop tard

Dans un postulat transpartisan (2025.11.503), plusieurs députés demandent d’intégrer une liaison vélo rapide sur la rive gauche du Rhône dans la 3ᵉ correction du Rhône.

Ils estiment que le calendrier actuel des travaux offre la dernière fenêtre réaliste pour intégrer cette infrastructure, essentielle pour les pendulaires et les entreprises de la région — notamment Lonza — ainsi que pour les communes concernées.

Ils demandent au Conseil d’État :

  • de prioriser officiellement cette liaison dans la planification en cours,
  • de garantir les connexions et passerelles nécessaires vers les quartiers et zones d’activités,
  • et d’examiner sa prolongation jusqu’à Visp et Baltschieder.

Ce postulat met en évidence un besoin clair et longtemps attendu dans le Haut-Valais : une infrastructure cyclable continue, efficace et sécurisée.

Lire l’intervention parlementaire (en allemand)

Agissons – et rapidement !

Ces interventions montrent que l’urgence n’est plus à démontrer : la planification accuse du retard, les moyens semblent insuffisants et plusieurs projets stratégiques peinent à progresser. Pour garantir un réseau sûr et cohérent d’ici 2027, le canton devra agir — et rapidement.

PRO VELO Valais/Wallis continuera son lobbyisme politique et suivra ces dossiers afin d’informer dès que des décisions concrètes seront prises.

Un nouveau vélo ? Mieux vaut habiter au bon endroit!

27 juillet 2025

PRO VELO Valais/Wallis a récemment mené un sondage auprès de l’ensemble des communes valaisannes afin de mieux comprendre leur politique de soutien à l’utilisation du vélo. Ce travail a permis de dresser un état des lieux précis des subventions disponibles et de la manière dont elles communiquent (ou non) sur la mobilité.

Moins de 20 % des communes octroient des subventions pour l’achat de vélos

Sur les 84% ayant répondu au sondage, seules 16% des communes encouragent l’acquisition de nouveaux vélos par un soutien financier. Fait marquant: aucune commune haut-valaisanne n’accorde de subvention.


Sans surprise, ces aides concernent en immense majorité des vélos à assistance électrique, dont la popularité grimpe en flèche depuis plusieurs années. Génial, mais n’oublions pas que d’autres types de vélos, comme les musculaires ou les cargos, méritent également d’être considérés — ce qu’un tiers des subventionnaires a bien compris.

Il faut le reconnaître : les montants alloués font plaisir ! Entre 200 CHF et 500 CHF, une aide qui peut faire pencher la balance en faveur du vélo… et laisser la voiture au garage.

Une politique cyclable ce n’est pas une charge, c’est une opportunité !

Au-delà de l’engagement écologique, soutenir l’achat de vélos représente de nombreux avantages pour les communes elles-mêmes : meilleure santé de sa population, réduction du trafic local, moins d’entretien des routes, plus grande sécurité ou encore augmentation de l’attractivité communale. Bref, investir dans le vélo, c’est investir dans la qualité de vie locale.

Pour ceci, l’encourager bien sûr… mais aussi en parler ! Encore trop peu de sites officiels locaux disposent d’une page internet dédiée au vélo ou même à la mobilité. Pourtant, mettre en avant les mesures inciterait concrètement les habitants à revoir leurs habitudes de déplacement.

Notre appel pour plus de vélos-cargos

Le vélo-cargo en Valais, c’est un peu comme un couteau suisse à pédales : il transporte les enfants, les courses, ou même le chien, sans une goutte d’essence. Grâce à leur capacité de transport élevée, ils permettent aux familles, artisans et commerçants de se déplacer efficacement tout en réduisant leur empreinte carbone.


En ville, notamment à Sion, Sierre ou Brigue, ils facilitent les livraisons du dernier kilomètre sans congestionner le trafic ni polluer l’air. Dans les zones de plaine, leur usage est idéal pour remplacer la voiture sur de courtes distances, que ce soit pour faire les courses, amener les enfants à l’école ou transporter du matériel. De plus, leur adoption favorise une meilleure qualité de vie : moins de bruit, plus d’activité physique, et une réduction des coûts liés aux transports. En encourageant leur usage par des subventions ou des infrastructures adaptées, le Valais peut faire un pas concret vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement et mieux adaptée aux besoins locaux.

Un rôle clé pour les communes

Dans le récent bilan intermédiaire de la Loi sur les voies cyclables, PRO VELO Valais/Wallis soulignait l’importance de la participation communale dans le développement et l’application d’une stratégie vélo. Ce sondage le confirme : elles ont entre leurs mains un levier concret pour agir, que ce soit à travers des subventions, des infrastructures, l’organisation de cours vélo ou une communication plus claire.

Nous remercions chaleureusement toutes les communes qui ont pris le temps de répondre à notre enquête ! Ensemble, favorisons un Valais plus sain, plus durable et plus sûr !

Quid de ma commune?
Notre communiqué de presse (28.07.2025)

Les médias en parlent :

  • Canal 9 : « Pas assez de subventions en Valais selon PRO VELO »
  • Rhône FM: « Seulement 16% des communes valaisannes subventionnent les vélos »
  • Walliser Zeitung : « PRO VELO Wallis beklagt Velograben »

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