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PRO VELO Valais Wallis

PRO VELO Valais Wallis

L’association pour la promotion de la mobilité cyclable quotidienne et la défense des cyclistes en Valais.

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Juridique

Stationnement pour vélos en Valais : un recul qui interroge

5 avril 2026

À contre-courant des efforts en faveur de la mobilité durable, le canton du Valais réduit ses ambitions en matière de stationnement vélo. Voici le récit.

La nouvelle loi cantonale sur les constructions

Au début de l’année 2024, le Conseil d’État valaisan a lancé une révision de la loi cantonale sur les constructions et de son ordonnance d’application. À l’issue d’une consultation menée jusqu’en février, un projet a été finalisé puis transmis au Grand Conseil.

Soumis à une première lecture en septembre 2024, le texte a été profondément remanié par de nombreux amendements. Après des débats nourris lors de la deuxième lecture en février 2025, le Grand Conseil a finalement adopté cette nouvelle mouture de la loi par 106 voix contre 13, avec 2 abstentions. La nouvelle loi est entrée en vigueur le 01.01.2026.

L’article 39 et les stationnements pour vélos

D’un intérêt particulier pour la communauté cycliste, l’article 39 de cette loi cantonale sur les constructions prévoit que les obligations en matière de places de stationnement sont désormais alignées sur les normes professionnelles, en l’occurrence les normes VSS. Il précise aussi que les règlements communaux doivent au minimum reprendre les exigences fixées par ces standards.

Il s’agit d’une avancée majeure en matière de politique de stationnement! Les normes VSS définissent les exigences techniques relatives à la conception et à la construction des infrastructures routières, y compris les stationnements pour vélos. Elles précisent les besoins en fonction des différents types de bâtiments, qu’il s’agisse d’immeubles d’habitation, de parkings, de halles industrielles, de commerces ou encore de bureaux.

Les normes VSS en lien avec les stationnements pour vélos


La plupart des règlements communaux datent du XXe siècle et sont aujourd’hui en cours de révision. À quelques exceptions près, ils ne contiennent pratiquement aucune disposition relative au stationnement des vélos. Dans ce contexte, la primauté accordée aux normes professionnelles sur ces règlements devenus obsolètes constitue une avancée importante pour la mobilité douce au quotidien.

Trois mois seulement après son entrée en vigueur, le texte produit déjà des effets concrets et positifs. D’une part, les communes disposent désormais d’une base légale leur permettant d’exiger des places de stationnement pour vélos auprès des architectes et autres porteurs de projets qui n’en prévoiraient pas spontanément, souvent faute d’en mesurer la nécessité. Cette évolution renforce l’approche proactive défendue par PRO VELO, qui peut intervenir en amont plutôt que de contester les projets une fois mis à l’enquête publique.

D’autre part, ces exigences minimales sont progressivement intégrées par les architectes, déjà familiers des normes VSS qu’ils appliquent dans de nombreux autres domaines techniques.

Rappel : le rôle des stationnements pour vélos

Les stationnements vélos jouent un rôle déterminant dans le développement de la mobilité douce, car ils conditionnent l’usage quotidien du vélo autant que les infrastructures cyclables elles-mêmes. Dans le cadre de la stratégie cantonale « mobilité douce 2040 » du Valais, qui ambitionne de faire passer la part modale de la mobilité active (piétons + cyclistes) de 5 % à 15 %, l’amélioration de l’offre de stationnement est un levier essentiel. En garantissant des places suffisantes, bien situées et conformes aux normes professionnelles, les collectivités renforcent l’attractivité du vélo et soutiennent concrètement le report modal vers des modes de déplacement plus durables.

Mars 2026, le retour en arrière

Dans un postulat urgent déposé lors de la session de mars 2026, plusieurs députés ont demandé de revenir sur l’article 39, en demandant au Conseil d’État à en suspendre l’application dans le règlement d’exécution. Avant d’aborder le fond, il convient toutefois de s’arrêter sur la forme, qui soulève plusieurs questions problématiques.

Rappel courtois à nos députés: comment fonctionne notre Etat de droit

Dans un État de droit, deux principes fondamentaux structurent l’organisation institutionnelle: la séparation des pouvoirs et la hiérarchie des normes.

La première garantit la distinction entre les fonctions législative, exécutive et judiciaire, afin d’éviter la concentration du pouvoir et d’assurer un équilibre institutionnel. Le Grand Conseil (autorité législative) adopte les lois, tandis que le Conseil d’État (autorité exécutive) est chargé de leur mise en œuvre et de leur application.

Le principe de la hiérarchisation des normes établit que les règles juridiques sont organisées selon un ordre de supériorité. Une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure, ce qui assure la cohérence et la sécurité du droit. Ainsi, une loi élaborée par un législatif cantonal, donne lieu à un règlement d’application, rédigé par l’exécutif cantonal.

En demandant à l’exécutif de « suspendre l’application de l’article 39 de la loi sur les constructions »,le législatif fait abstraction de ces deux principes fondamentaux (il demande au Conseil d’Etat de ne pas appliquer la loi qu’il a lui-même votée).

Il reste à souhaiter que le Conseil d’Etat, dans sa réponse à ce postulat urgent, ne donne suite à cette demande. Une initiative parlementaire, bien plus juste sur la forme, a été déposée et sera traitée dans une session parlementaire à venir.


Sur le fond, PRO VELO Valais/Wallis a pris acte des arguments des postulants, et prend note qu’il ne s’agit pas d’une volonté particulière de limiter les stationnements pour vélos, mais plutôt de dénoncer l’impact de l’art. 39 sur les places de parc (pour voitures donc).

Les arguments des postulants sont les suivants:

  • L’administration cantonale appliquerait trop strictement cette nouvelle disposition, en limitant le nombre de places pouvant être exigées dans les projets de logements, en particulier dans les vallées.
  • Les normes VSS n’ont pas à être appliquées de manière automatique comme une règle de droit uniforme, et ne sont de surcroît pas accessibles publiquement.

Dans les faits, ces arguments apparaissent largement contestables. D’une part, toute personne ayant déjà travaillé dans une administration sait que celle-ci n’agit que sur la base de fondements légaux stricts qui encadrent et limitent son action. Par ailleurs, il est peu probable qu’une application prétendument trop rigoureuse de la norme soit déjà perceptible, la loi n’étant en vigueur que depuis trois mois.

D’autre part, la norme concernée (VS 40 281) est facilement accessible en ligne (voir ici). À la lecture attentive de son contenu (on peut supposer que les députés ne l’ont pas fait, sinon ils n’auraient pas affirmé qu’elle soit inaccessible), il apparaît qu’elle laisse précisément une marge d’appréciation pour tenir compte des spécificités locales.

Ainsi, on peut y lire à

  • l’art. 3, que l’appréciation d’intérêts publics supérieurs pouvant être contradictoires peut conduire à une offre en cases de stationnement plus élevée ou plus faible que celle qui serait obtenue en appliquant la norme;

  • à l’art. 9.4 (qui d’ailleurs s’intitule ‘conditions locales particulières’), qu’il peut être judicieux de s’écarter des valeurs indicatives ci-dessus afin de tenir compte de conditions locales particulières ou de formes spéciales de logement (p.ex. habitat sans voiture).

De manière analogue, la norme VSS 40 065 concernant les stationnements pour vélos (elle aussi accessible en ligne, voir ici) contient tout un article (art. 17) dédié aux adaptations selon les particularités locales. Il y a par exemple la possibilité de réduire jusqu’à 50% le nombre de places pour vélos dans certaines conditions (lire l’article ici).

Ainsi, les normes VSS offrent déjà la marge de manœuvre que les auteurs du postulat appellent de leurs vœux. Si une majorité de députés n’avait manifestement pas pleinement mesuré les effets de l’article 39 lors de son adoption, elle risque aujourd’hui de reproduire la même erreur en envisageant sa suppression sur la base d’une problématique qui n’apparaît pas avérée.

En définitive, la suppression de cet article serait non seulement inutile, mais elle reviendrait à fragiliser un progrès important en matière de mobilité douce au quotidien.

Et maintenant ?

L’initiative parlementaire sera traitée dans les prochains mois. PRO VELO Valais/Wallis lance un appel à toutes les députées et à tous les députés.

NOTRE APPEL

Mesdames et Messieurs les députés, lisez les normes VSS (accessibles en ligne)!
Les normes que vous souhaitez biffer de la loi prévoient expressément une marge de manoeuvre pour les places de parc. En supprimant l’art. 39 de la loi pour un problème qui n’existe pas, vous supprimez aussi toute avancée en matière de mobilité douce!

Afin de ne pas compromettre les avancées en matière de stationnement pour vélos, PRO VELO recommande de maintenir l’article 39, ou à défaut, de compenser sa suppression par l’introduction d’une disposition spécifique dédiée au stationnement vélo. Les normes VSS étant appliquées dans l’ensemble de la Suisse, il n’apparaît pas justifié qu’il en soit autrement dans le canton du Valais.


Vers notre communiqué de presse


Les médias en parlent:
– Le Nouvelliste, 17.03.2026
– Rhône FM, 17.03.2026


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FAQ : les préjugés les plus courants sur les cyclistes

25 janvier 2026

Les connaissances liées à la mobilité douce et la mobilité de manière plus générale sont souvent contre-intuitives. Voici quelques préjugés que nous entendons (trop) souvent.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous en connaissez d’autres? Contactez-nous. Ou sinon, rendez-vous sur la page de Cycling fallacies.

Pourquoi a-t-on des préjugés sur les cyclistes?

Ils sont le fruit d’un mélange de psychologie sociale, de conflits d’usage de l’espace public, et de culture routière ancrée. Tentative d’explication. 

1. Les biais cognitifs

  • Biais de confirmation: les automobilistes qui s’attendent à ce que les cyclistes se comportent mal remarquent davantage les infractions des cyclistes, tout en ignorant ou minimisant celles des automobilistes (par exemple, petits excès de vitesse, stops glissés, téléphone au volant…). 
  • Biais de visibilité: un-e cycliste qui roule à contresens ou passe un feu rouge attire davantage l’attention que 10 voitures qui dépassent légèrement la vitesse limite. 

2. La culture de la voiture dominante

En Valais, la voiture est la norme sociale. Tout ce qui la remet en cause – piétons, transports publics, cyclistes – est perçu comme un obstacle ou une entorse à l’ordre établi. Il s’agit d’un concept scientifique qui s’intitule motonormativité, bien expliqué ici. 

3. Le conflit d’usage

Les cyclistes partagent l’espace routier avec les piétons, les automobilistes et les transports publics. Ils sont perçus comme gênants, car ils sont visibles partout, sans avoir d’espace réellement conçu pour eux.

4. Manque de connaissance

  • Beaucoup d’automobilistes n’ont jamais fait du vélo en ville ou sur une route de montagne. Ils ignorent les contraintes réelles comme le danger physique, le dépassement trop proche, le refus de priorité. 
  • Parfois, il y a même la méconnaissance de règles basiques. Par exemple:
    • les cyclistes ont le droit de remonter une file de voitures par la droite
    • en présence de ce panneau, on peut obliquer au feu rouge (le feu rouge se transforme alors en cédez-le-passage):

« Les cyclistes ne respectent pas le code de la route »

Il s’agit probablement de la critique la plus courante, qu’on retrouve aisément sous les publications liées à la mobilité douce. Mais est-ce vraiment vrai, ou seulement une perception subjective? 

1. Ce que montrent les études

Les données disponibles vont toutes dans le même sens : les cyclistes respectent majoritairement les règles, et pas moins que les automobilistes.

Une étude danoise commanditée par le gouvernement en 2019, basée sur l’observation vidéo de 28’579 cyclistes à des carrefours, montre que seuls 4.9% des cyclistes enfreignent le code lorsqu’ils roulent sur une piste cyclable. En l’absence de piste, ce chiffre monte à 14%. Les petites villes dépourvues d’infrastructures cyclables bien aménagées présentent nettement plus d’infractions que les villes bien équipées.

Parallèlement, la direction danoise des routes a montré que près de deux tiers des automobilistes enfreignent régulièrement la loi, l’excès de vitesse étant l’infraction la plus fréquente.

Une étude du Florida Department of Transportation a suivi 100 cyclistes équipés de GPS et de caméras pendant plus de 2’000 heures. Les cyclistes respectaient la loi 88% du temps de jour et 87% de nuit, alors que les automobilistes interagissant avec eux n’étaient en conformité que dans 85% des cas.

À Londres, Transport for London a observé 7’502 cyclistes sur cinq grands carrefours aux heures de pointe. Seuls 16% ont grillé un feu rouge à au moins un des sites observés, ce qui signifie que 84% respectaient les feux.

2. L’infrastructure change les comportements

Toutes ces études montrent que le respect des règles dépend fortement de la qualité de l’aménagement.

Au Danemark, on passe de 4.9% d’infractions sur pistes cyclables à 14% sans infrastructure. Les comportements perçus comme « illégaux » sont souvent une adaptation à un environnement mal conçu.

3. Les cyclistes enfreignent surtout pour se protéger

Deux études académiques majeures montrent que lorsque les cyclistes ne respectent pas une règle, ce n’est généralement pas par désinvolture.

L’étude « Scofflaw Bicycling: Illegal But Rational » (Université du Colorado / Nebraska, 2017) montre que les cyclistes enfreignent le code de la route pour protéger leur intégrité physique ou économiser leur énergie.

L’étude « Safer Cycling Study » de l’Université de Sydney (2014), menée auprès de 2’000 cyclistes, arrive à la même conclusion : trottoirs, feux rouges ou détours sont le plus souvent des stratégies de sécurité.

4. La gravité réelle est très différente

On se focalise sur les petites infractions visibles des cyclistes, mais ce sont les véhicules motorisés qui causent presque toutes les morts.

En Suisse, des conducteurs ont tué 23 personnes sur des passages piétons en 2023. En France, 99.8% des piétons tués le sont par des personnes motorisées.

Lire l’article de l’OUVEMA (Université de Lausanne)

Ce décalage de perception est bien illustré dans cette vidéo :

Vidéo Carspiracy

5. La visibilité fausse notre jugement

On voit facilement un-e cycliste avec des écouteurs, sur le trottoir ou au feu rouge.
On voit beaucoup moins l’automobiliste qui regarde son téléphone, roule trop vite ou dépasse un vélo de trop près.

6. La plupart des cyclistes connaissent le code de la route

La majorité des cyclistes sont aussi des automobilistes. En Suisse, près de 95% des usagers de vélos électriques ont un permis.

En revanche, beaucoup de non-cyclistes ignorent des règles importantes pour le vélo : 69% ne connaissent pas le tourne-à-droite au feu rouge pour les cyclistes, et 56% ignorent la recommandation de rouler au milieu des giratoires (étude « Les carrefours à vélo », OUVEMA, p.24-25).

7. Le mythe de l’automobiliste respectueux

Les infractions motorisées sont massives et bien documentées, notamment pour la vitesse, l’alcool et l’usage du téléphone.

Par exemple, le BPA montre que le non-respect des limitations de vitesse est très répandu en Suisse :

Lire l’article

En résumé
Les cyclistes ne respectent pas moins le code de la route que les autres usagers de la route. Leurs écarts sont plus visibles et plus critiqués, mais beaucoup moins dangereux. Et lorsqu’ils s’écartent des règles, c’est le plus souvent pour se protéger dans un trafic dominé par la voiture.


« Les voies cyclables sont financées par les automobilistes »

On reproche souvent aux cyclistes de ne pas payer de taxes. Il est alors fait état de la vignette autoroutière, les taxes sur les carburants ou les impôts sur les véhicules. 

Mais pourquoi donc? Voici quelques faits.

  • Vignette autoroutière: le mot l’indique, cette vignette sert à payer les routes nationales (principalement les autoroutes). Selon l’Office fédéral du développement territorial, les 365 millions de francs résultant sont intégralement versées pour les routes nationales, où il n’y a pas de cycliste.
  • Taxes sur les carburants : un véhicule qui n’utilise pas de carburant n’est logiquement pas soumis à une taxe sur les carburants.
  • Impôts sur les véhicules: il est lié à l’utilisation d’un véhicule à moteur. Les vélos électriques rapides paient par exemple, tout comme les cyclomoteurs.

Une catégorisation peu adéquate

Au-delà de ces faits, la plupart des cyclistes sont aussi automobilistes. Dès lors, faire taxer un usager ou une usagère deux fois n’a pas de sens. Dans la même logique, pour être juste, il faudrait alors instaurer un système de paiement à la carte, en fonction du véhicule qu’on conduit, de la route sur laquelle on roule et du carburant qu’on utilise. On voit bien que c’est un non-sens et impossible à appliquer.

Une vision plus large à adopter 

De manière générale, la pratique du vélo apporte de l’argent à la société (alors que conduire une voiture en fait perdre). 

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral du développement territorial ARE, le transport privé motorisé de personnes coûte 17’318 millions de francs par année à la société suisse (chiffres 2022). Chaque fois que l’on prend sa voiture, la société nous “sponsorise” de 28 centimes par kilomètre.

La pratique du vélo, c’est tout le contraire. C’est ce que montre une étude au Bénélux. Chaque km parcouru en vélo rapporterait plus d’un euro à la collectivité, tandis que chaque km parcouru en voiture en coûterait un. 

Autre exemple: selon Stein van Oosteren, auteur du livre “Pourquoi pas le vélo?”, les Pays-Bas investissent 500 millions d’euros par an dans leurs infrastructures cyclables, et estiment que cela leur rapporte une économie en termes de coûts de la santé de 19 milliards d’euros par an (soit 3% du PIB).


« Les cyclistes devraient faire un permis spécifique »

A ce jour, rien ne justifie la création d’un permis spécifique pour conduire un vélo, car:

  • Le vélo est un véhicule soumis aux mêmes règles que la voiture. Dès lors, conduire un vélo implique la connaissance du code de la route, et toute infraction est punissable.
  • Il n’est pas prouvé que les cyclistes commettent plus d’infractions que les automobilistes et mériteraient dès lors qu’on les forme de manière spécifique (voir ci-dessus le paragraphe « Les cyclistes ne respectent pas le code de la route« ). D’ailleurs, les cyclistes sont rarement responsables des accidents les impliquant : les statistiques montrent que les accidents graves impliquant des cyclistes sont souvent causés par des automobilistes.
  • La plupart (env. 95%) des cyclistes sont aussi automobilistes, ils connaissent donc le code de la route car ils sont titulaires d’un permis de conduire. 
  • Une meilleure sensibilisation (y compris des automobilistes) est bien plus efficace que l’imposition d’un permis. PRO VELO mène régulièrement des actions de sensibilisation et donne des cours vélos. 

« Il est temps de réintroduire une vignette pour vélos »

En mars 2025, une élue UDC zurichiose a déposé une motion au Parlement fédéral demandant de “réintroduire une vignette vélo, afin de financer une partie de l’infrastructure routière, notamment les pistes cyclables.” De quoi raviver de vifs débats.

La vérité sur l’ancienne vignette pour vélos

La notion de “réintroduire” interpelle: aurait-on déjà financé dans le passé des pistes cyclables avec une vignette? 

Non. La vignette vélo a été introduite en 1894 en Suisse (oui, c’est vieux, très vieux). À l’origine, il s’agissait d’une plaque métallique destinée à identifier les vélos et à percevoir une taxe. Elle a évolué au fil du temps pour devenir, à partir de 1946, une preuve d’assurance responsabilité civile, ce qui est resté son principal rôle jusqu’à sa suppression en 2012. 

Ainsi, la vignette telle qu’on l’a connue dans le passé n’a jamais financé de piste cyclable!

Un faux sentiment d’injustice 

Certaines personnes crient à l’injustice, lorsqu’elles affirment que les automobilistes paient des taxes que les cyclistes ne doivent pas payer. Rappelons dès lors quelques faits: 

  • Les taxes sur les carburants et la vignette autoroutière financent les routes nationales (où vous ne verrez jamais de pistes cyclables).
  • Les routes cantonales et communales, où vous trouverez parfois des voies cyclables, sont financées par l’impôt, que tout le monde paie (oui, les cyclistes sont des personnes comme les autres, imposées comme tout le monde). 
  • Ce qui coûte cher, c’est de construire des autoroutes (on en sait quelque chose en Valais). Un mètre d’autoroute coûte environ 145 fois plus cher qu’un mètre de piste cyclable. Si vous pensez donc trop payer, demandez au politique de créer des pistes cyclables.
  • Si on introduisait une vignette pour le vélo, rapportée au prix de la vignette autoroutière, elle coûterait 28 centimes par année. Cela montre à quel point une telle vignette serait absurde.

« Diminuer le nombre de voitures dans les centres-villes tue nos commerçants »

Parfois, des commerçants mettent la clé sous le paillasson. Bien que navrant, cela est la dure réalité d’une économie de marché. Mais est-ce la faute d’un urbanisme faisant de la place à la mobilité cyclable?

Une thématique complexe et multifactorielle

La cause d’une fermeture peut s’expliquer souvent par plusieurs facteurs.

  • Le commerce en ligne : dans notre monde moderne, nous achetons souvent en ligne, car c’est pratique. Cela se fait au détriment des commerces locaux.
  • Des loyers exorbitants: les loyers dans les centre-villes sont souvent élevés, ce qui a un impact sur les coups d’exploitation.
  • La concurrence des grands centres commerciaux: il est certes plus simple de faire toutes ses courses en une fois, et ne plus faire l’effort d’aller voir les commerçants du coin.
  • La vacance commerciale qui s’auto-alimente: quand plusieurs commerces ferment dans une même rue, le flux de clients baisse encore, ce qui met encore plus de pression sur ceux qui restent. C’est un effet «domino» : moins de boutiques = moins de visiteurs = encore plus de fermetures.

L’imagination du scénario inverse

La mobilité douce (et plus largement l’urbanisme) ne sont pas une cause des fermetures des petits commerces.

D’une part, car c’est plus un mythe populaire qui a été réfuté tant scientifiquement qu’empiriquement dans tant de villes.

Lire l’article de Cycling fallacies

D’autre part, imaginons le scénario inverse: une vieille-ville avec de nombreuses voitures et des places de parc devant chaque magasin. Si, dans un scénario ‘idéal’, chaque place de parc apporte 2 personnes, chaque magasin bénéficie de 2 places de parc et chaque client passe en moyenne 15′ dans la boutique, cette dernière verra env. 16 visiteurs par heure.

Il s’agit d’un scénario peu imaginable et peu souhaitable, tant cela poserait des problèmes de logistique, pollution et confort de vie. Quoi de mieux qu’une rue piétonne, vivante, qui attire de nombreux passants, dont certains à vélo.


« Le vélo n’a pas sa place en hiver »

Selon une étude de la Haute Ecole de Lucerne, près de 3/4 des cyclistes qui se rendent le plus souvent à leur travail ou à leur formation enfourchent leur vélo même lorsque les conditions météorologiques sont défavorables. Toujours selon cette étude, la satisfaction à l’égard de l’infrastructure cycliste est un facteur décisif. Alors qu’une infrastructure déficiente est presque devenu un mal acceptable en été, cela devient un fait critique en hiver.

Ainsi, cette affirmation repose simplement sur une habitude et de vieilles mentalités!

Dégager les voies cyclables 1-2 jours après les chutes de neige, c’est un choix politique. A Copenhague par exemple, les pistes cyclables sont déblayées en premier, et la ville a massivement investi dans des déneigeuses spécialisées. Le budget pour le déneigement des pistes cyclables a augmenté de 2 millions de DKK par an (270’000 €) à partir de 2012 (source).


« En matière de respect des lois, il y a deux poids – deux mesures »

Selon la loi, le vélo est un véhicule soumis aux mêmes normes que l’automobile. Ainsi, les cyclistes sont aussi soumis à l’ordonnance sur les amendes d’ordre.  

Les infractions possibles y sont listées, comme par exemple: 

« Griller » un feu rougeCHF 60.-
Ne pas s’arrêter complètement à un stopCHF 30.-
Rouler sur le trottoirCHF 40.-
Rouler dans les zones piétonnesCHF 30.-
Ne pas utiliser la piste/bande cyclable (si existante)CHF 30.-
Ne pas accorder la priorité à un passage pour piétonsCHF 40.-
Lâcher complètement son guidonCHF 20.-
Circuler sans feu sur une route éclairée de nuitCHF 40.-
Circuler sans feu sur une route non-éclairée, de nuitCHF 60.-
Circuler sans sonnette (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Circuler sans rétroviseur (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Ne pas porter le casque (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 30.

Ainsi, le vélo étant aussi un véhicule, il est soumis aux mêmes règles que tous les autres véhicules!



PRO VELO Valais lance le réseau Avocavélo

8 décembre 2025

Un réseau pour défendre les cyclistes et faire progresser la mobilité douce

PRO VELO Valais annonce le lancement d’Avocavélo, un réseau qui réunit des professionnel·le·s du droit, des expert·e·s techniques et des usager·ère·s engagé·e·s. L’objectif : défendre les droits des cyclistes, mieux accompagner ceux qui rencontrent des difficultés et renforcer la place du vélo dans les politiques publiques.

Sur la route, dans l’espace public ou face à l’administration, les cyclistes sont confrontés à des situations parfois complexes : accidents, litiges d’assurance, problèmes d’infrastructures ou décisions qui impactent la mobilité quotidienne. Avocavélo entend apporter un soutien juridique et stratégique, mais aussi une expertise crédible dans le débat autour de l’aménagement du territoire.

Au-delà du soutien individuel, le réseau souhaite devenir une force constructive pour améliorer les conditions de circulation, promouvoir des aménagements sûrs et encourager un changement de culture en faveur du vélo comme mode de déplacement durable.

Avec Avocavélo, PRO VELO Valais franchit une nouvelle étape pour que se déplacer à vélo en Valais soit plus sûr, plus simple et mieux reconnu.

➡ Envies de contribuer, proposer vos compétences ou simplement soutenir la démarche ?
Rejoignez le réseau Avocavélo et prenons ensemble position pour une mobilité douce ambitieuse et équitable.

Réjoindre le réseau

Les médias en parlent:
– Nouvelliste, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025, journal de 18:00
– 20minutes, 09.12.2025

Le Cyclobus arrive en Valais – Une première historique en Suisse pour la mobilité scolaire douce !

17 juin 2025

Vétroz – Printemps 2025. C’est une grande première en Suisse : le Cyclobus, ce véhicule collectif à pédales déjà adopté avec succès dans plusieurs pays européens, fait son entrée dans le paysage valaisan. Et pas n’importe où : à Vétroz, commune pilote où ce projet innovant porté par PRO VELO Valais/Wallis vient d’être lancé avec le soutien du Service cantonal de la mobilité (SDM) et du Service de la circulation routière et de la navigation (SCN).

Avec une homologation temporaire inédite, le Cyclobus s’élance pour la première fois sur les routes suisses. Une avancée décisive pour une mobilité scolaire plus durable, plus sûre… et plus joyeuse !

Une réponse innovante aux défis de la mobilité scolaire

Les abords des écoles, souvent surchargés et peu sécurisés pour les cyclistes, freinent les familles à laisser leurs enfants se déplacer à vélo. Le Cyclobus répond à cette problématique de manière ludique, collective et sécurisante.

Une pétition lancée à Chamoson: «50 km/h à côté de l’école, ce n’est plus possible»



Qu’est-ce qu’un Cyclobus ?

C’est un véhicule collectif à pédales, doté d’une assistance électrique, qui permet à un adulte et à une dizaine d’enfants de parcourir ensemble le trajet vers l’école. Grâce à sa taille équivalente à celle d’une voiture, il assure une visibilité accrue sur la route, tout en éveillant l’intérêt et l’enthousiasme des enfants. Résultat : les élèves deviennent de plus en plus autonomes et adoptent le vélo durablement.

Déjà populaire en France, en Belgique et aux Pays-Bas, le Cyclobus trouve pour la première fois sa place sur les routes suisses – et c’est en Valais que tout commence.

Crédit : commune de Vétroz

Vétroz, un terrain idéal pour innover

Pourquoi Vétroz ? La commune possède tous les atouts : une topographie plate, un périmètre restreint de 3 km, un réseau routier aménagé en zones 30 et de rencontre – autant d’éléments favorables à une mobilité douce sécurisée.

Grâce à l’engagement de la commune, qui a cofinancé le projet avec le Service cantonal de la mobilité, le Cyclobus circule officiellement depuis le 29 mai 2025. Il est entreposé localement et entretenu par un garage partenaire, garantissant sa fiabilité et sa disponibilité.


Une première étape vers un déploiement national

Ce projet pilote ne vise pas seulement à améliorer la mobilité à Vétroz : il ambitionne d’ouvrir la voie à une homologation définitive au niveau suisse. À l’image des navettes autonomes de Sion, le Cyclobus bénéficie d’une homologation temporaire délivrée sous conditions par le SCN. Une réussite qui pourrait inspirer de nombreuses autres communes valaisannes – et helvétiques.


Une vision portée par PRO VELO et l’ATE

Ce succès est le fruit d’un travail de terrain rigoureux, de rencontres avec les autorités cantonales et d’un partenariat étroit avec l’ATE (Association Transports et Environnement). Ensemble, nous œuvrons à une Suisse plus cyclable, inclusive et résolument tournée vers l’avenir.


Et ensuite ?

Le Cyclobus est bien plus qu’un simple véhicule : c’est un outil pédagogique et social, une source de plaisir pour les enfants, et une solution concrète pour réduire la dépendance à la voiture individuelle. Si le projet de Vétroz confirme ses promesses, il pourrait faire école dans tout le pays.


Les médias en parlent :

  • Rhône FM
  • Walliser Zeitung

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Les cyclistes, ces usagers exemplaires de la route !

15 mars 2025

On entend souvent dire que les cyclistes ne respectent pas le code de la route, grillent les feux rouges ou roulent n’importe comment. Pourtant, plusieurs études viennent contredire cette idée reçue (lire plus ici) : les cyclistes seraient bien plus respectueux des règles que les automobilistes ! Ça alors, qui l’eût cru ?

Moins d’infractions que les automobilistes

L’étude danoise montre par exemple que seulement 7% des cyclistes ont été pris en flagrant délit d’infraction, contre 66% des automobilistes. Un chiffre qui devrait faire réfléchir ceux qui aiment jouer au shérif du bitume. Parmi les infractions les plus courantes chez les automobilistes : excès de vitesse, non-respect des distances de sécurité et stationnements gênants ou illégaux (oui, Jean-Michel, ta voiture sur la piste cyclable, c’est une infraction, pas un droit divin !). En comparaison, les infractions des cyclistes restent bien plus rares et nettement moins dangereuses pour les autres usagers.

Une sécurité à double tranchant

Certes, certains cyclistes prennent parfois des libertés, mais il est essentiel de comprendre pourquoi. Contrairement aux voitures, les vélos sont bien plus vulnérables sur la chaussée. Beaucoup de cyclistes adaptent leur comportement pour des raisons de sécurité : éviter une portière qui s’ouvre, contourner une voiture mal garée ou avancer légèrement à un feu rouge pour être mieux visibles des automobilistes. Ce ne sont pas des actes d’incivilité, mais plutôt des réflexes d’auto-préservation. Après tout, personne ne veut finir comme une crêpe sous un pare-chocs !

Encourager la cohabitation

Plutôt que d’opposer cyclistes et automobilistes, il est temps d’encourager une meilleure cohabitation sur la route. Respect, bienveillance et aménagements adaptés sont les clés pour une circulation apaisée. Cela passe par plus d’infrastructures sécurisées pour les cyclistes, mais aussi par une prise de conscience des automobilistes quant à l’espace qu’ils occupent et aux risques qu’ils font peser sur les usagers plus vulnérables.

Chez PRO VELO Valais, nous militons pour une mobilité plus douce et plus respectueuse. Loin d’être des rebelles de la route, les cyclistes sont avant tout des acteurs du changement vers des villes plus agréables et sécurisées. Alors, la prochaine fois que vous croisez un vélo, un sourire, un petit coup de frein et un soupçon de patience feront toute la différence. Après tout, mieux vaut un cycliste heureux qu’un automobiliste frustré, non ? 🚴‍♂️😉

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La motonormativité, késako?

29 juillet 2024

Le trafic motorisé individuel implique de multiples conséquences néfastes pour notre santé, pour notre sécurité et pour la qualité de notre environnement. Tous ces faits sont clairement avérés et documentés. Pourtant, même lorsque des alternatives de mobilités pourraient facilement être développées pour diminuer le trafic motorisé (et oui, on pense au vélo ici), la voiture reste ardemment défendue, et ce à tous les niveaux, du politique jusqu’au simple citoyen, même ceux ne conduisant pas !

Un constat que nous partageons chez PRO VELO Valais/Wallis. Modifier le système de mobilité pour le rendre plus attractif pour le vélo est un changement incroyablement difficile à opérer, et ce dès que l’on touche à la mobilité individuelle motorisée.

  • Vous nous dites qu’il y aurait la place pour une piste cyclable bidirectionnelle dans cette rue? Je ne n’en vois pas.
  • Oui, la rue est très large en fait, il suffirait de supprimer une rangée de places de parc.
  • Mon dieu, ceci est inimaginable !

(dialogue véridique)

A qui la faute ? A la MOTONORMATIVITÉ !

Dans les villes, la grande majorité de l’espace public est réservé au trafic motorisé.

Qu’est-ce que la motonormativité ?

Mais que signifie ce terme un peu barbare ? Attention, définition ! La motonormativité décrit les biais cognitifs dont nous sommes toutes et tous (quasiment) victimes. Ces biais consistent à définir la voiture comme moyen de transport prioritaire, et à accepter les conséquences néfastes qui en découlent, alors que ces mêmes conséquences ne sont pas acceptables dans d’autres domaines.

Voici quelques exemples pour illustrer ce phénomène, issus d’un sondage réalisés sur 2000 personnes au Royaume-Uni:

Si quelqu’un laisse ses effets personnels dans la rue et qu’ils sont volés, c’est de leur faute et la police ne devrait rien faire. 40% des gens sont d’accord avec cette déclaration.

Maintenant changeons légèrement la question, en spécifiant le type d’effet personnel volé.

Si quelqu’un laisse sa voiture dans la rue et qu’elle est volée, c’est de leur faute et la police de ne devrait rien faire. Ici, la proportion des interrogés d’accord avec cette déclaration chute à 5%! Pourtant, rationnellement, il s’agit de la même question, la voiture étant un cas particulier d’effet personnel.

Deux autres exemples issus de cette étude sont intéressants:

Le risque fait partie intégrante [de la conduite/du travail], et tous ceux qui [conduisent/travaillent] doivent accepter le fait d’être gravement blessés. Proportions des interrogés d’accord : 61% pour la variante voiture, contre 31% pour la variante travail.

Les gens ne devraient pas [conduire/fumer] dans les zones densément peuplées ou d’autres personnes devraient respirer la fumée des [voitures/cigarettes]. Proportions des interrogés d’accord : 17% pour la variante voiture, contre 75% pour la variante cigarette.

Deux poids, deux mesures

Les gens acceptent donc plus facilement des conséquences néfastes, même très graves, si celles-ci proviennent du trafic individuel motorisé. Une des conséquences directes de la motonormativité est la façon dont sont considérés les accidents de la route. On les traite un peu comme la météo. Personne n’y est vraiment responsable, nous devons simplement accepter ces événements comme des aléas inévitables, des fatalités contre lesquelles personnes n’y peut rien.

Les gens acceptent donc plus facilement des conséquences néfastes, même très graves, si celles-ci proviennent du trafic individuel motorisé

Motonormativité

Par contre, lorsqu’un accident implique un cycliste, on pose systématiquement la question de ce que les victimes portaient (casque, habits visibles, etc.), sans jamais réfléchir aux causes qui ont abouti à un conflit entre deux modes de mobilités différents, dont un très vulnérable (tels que des aménagements inadaptés).

Autre exemple de motonormativité bien connu des cyclistes. Les données montrent que les cyclistes et les automobilistes enfreignent les règles dans les mêmes proportions. Pourtant, dès qu’un cycliste commet la moindre infraction au code de la route, certains crient au scandale (comme on peut très souvent le lire sur les commentaires en ligne), alors que très souvent ces écarts sont la conséquence d’une recherche de sécurité par rapport à des infrastructures inadaptées. De l’autre côté, le fait qu’un automobiliste enfreigne les règles – la plupart du temps pour gagner quelques précieuses secondes – est très bien accepté socialement.


Des conséquences sur nos infrastructures

Mais ce mode de pensée a également de fâcheuses conséquences sur le monde réel, notamment sur la manière dont on aménage l’espace public, puisque tout doit être entrepris pour faciliter les déplacements en voiture, qui est le mode de transport à prioriser.

Dans les carrefours, les angles des routes ont tendance à être arrondis, et ce pour faciliter le changement de direction des automobilistes, qui peuvent se permettre de moins ralentir (et de gagner de précieuses secondes). De ce fait, si un piéton doit traverser un carrefour, non seulement il se confronte à des véhicules plus rapides, mais en plus le passage piéton (c’est-à-dire la zone à risque) est sensiblement rallongée (si vous avez de la peine à suivre, n’hésitez pas à vous aider de l’image ci-dessous!)

On peut bien sûr éloigner le passage piéton du carrefour pour le placer dans la portion non-élargie de la route, mais le piéton sera toujours pénalisé car son trajet rallongé, la mobilité piétonne rendue moins attractive, tout ceci pour le confort des automobilistes.

A Sion, afin de faciliter les trajets des automobilistes, un piéton voulant traverser la route des Parties-Neuves en longeant la route des Ronquoz voit son trajet rallongé et doit traverser un passage piéton plus long que la largeur de la route, tout en risquant d’y croiser des voitures roulant plus vite. Le risque est également plus grand pour les cyclistes roulant sur la piste cyclable, puisque la partie rouge (à risque) est rallongée.

Cet exemple peut paraître bien anecdotique. Mais si vous observez comment l’espace public est agencé au travers du prisme de la motonormativité, vous y trouverez multitudes d’autres exemples qui montrent que nos rues sont très souvent d’abord réfléchies pour la voiture, puis pour les autres modes de transports et activités, si la place le permet. D’ailleurs, à chaque rétrécissement de la chaussée, les infrastructures cyclables et pédestres disparaissent systématiquement (du fait de normes motonormatives…), alors que c’est justement dans ces endroits que les utilisateurs les plus vulnérables sont les plus menacés.

Et ceci à des conséquences bien réelles sur la façon dont les gens se déplacent, puisque tout autre mode de transport que la voiture se voit marginalisé et rendu plus compliqué. Cela encourage donc les gens à opter pour la voiture. Après tout, tout est fait pour, réconfortant ainsi les décideurs et planificateurs dans leur choix. Ainsi, la motonormativité s’auto-alimente et se renforce.

Once you see it, you can’t unsee it

La bonne nouvelle, c’est que cela est en train de changer ! Vous vous rappelez de la première image montrant une rue bondée de voitures. En vérité, elle date un peu. Il s’agit de la rue Rivoli à Paris, et voici à quoi elle ressemble aujourd’hui:


En Suisse et en Valais, les choses changent aussi, doucement mais sûrement, vers moins de motonormativité. Des lois et des stratégies se mettent en place afin de reconnaître et de promouvoir le vélo en tant que moyen de transport. Mais tout se passe encore lentement, la faute – vous l’aurez compris – à la motonormativité qui à la peau dure.

Heureusement, une fois que l’on prend conscience de ce biais, il est plutôt facile de le corriger. Et une fois qu’on l’a vu, il est difficile de s’en défaire.

Pour aller plus loin sur ce sujet:

Vidéo “Carspiracy – You’ll Never See The World The Same Way Again” par Global Cycling Network (en anglais) : https://youtu.be/-_4GZnGl55c?si=x0lRCdpU84E1GFl4

Vidéo “Motonormativity: A blind spot we all share”, par l’Université de Lausanne (en anglais) : https://youtu.be/FnhQUJQgf7Y?si=AbAnwOmcfw_A3jd0


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