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PRO VELO Valais Wallis

PRO VELO Valais Wallis

L’association pour la promotion de la mobilité cyclable quotidienne et la défense des cyclistes en Valais.

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Juridique

Stationnement pour vélos en Valais : un recul qui interroge

5 avril 2026

À contre-courant des efforts en faveur de la mobilité durable, le canton du Valais réduit ses ambitions en matière de stationnement vélo. Voici le récit.

La nouvelle loi cantonale sur les constructions

Au début de l’année 2024, le Conseil d’État valaisan a lancé une révision de la loi cantonale sur les constructions et de son ordonnance d’application. À l’issue d’une consultation menée jusqu’en février, un projet a été finalisé puis transmis au Grand Conseil.

Soumis à une première lecture en septembre 2024, le texte a été profondément remanié par de nombreux amendements. Après des débats nourris lors de la deuxième lecture en février 2025, le Grand Conseil a finalement adopté cette nouvelle mouture de la loi par 106 voix contre 13, avec 2 abstentions. La nouvelle loi est entrée en vigueur le 01.01.2026.

L’article 39 et les stationnements pour vélos

D’un intérêt particulier pour la communauté cycliste, l’article 39 de cette loi cantonale sur les constructions prévoit que les obligations en matière de places de stationnement sont désormais alignées sur les normes professionnelles, en l’occurrence les normes VSS. Il précise aussi que les règlements communaux doivent au minimum reprendre les exigences fixées par ces standards.

Il s’agit d’une avancée majeure en matière de politique de stationnement! Les normes VSS définissent les exigences techniques relatives à la conception et à la construction des infrastructures routières, y compris les stationnements pour vélos. Elles précisent les besoins en fonction des différents types de bâtiments, qu’il s’agisse d’immeubles d’habitation, de parkings, de halles industrielles, de commerces ou encore de bureaux.

Les normes VSS en lien avec les stationnements pour vélos


La plupart des règlements communaux datent du XXe siècle et sont aujourd’hui en cours de révision. À quelques exceptions près, ils ne contiennent pratiquement aucune disposition relative au stationnement des vélos. Dans ce contexte, la primauté accordée aux normes professionnelles sur ces règlements devenus obsolètes constitue une avancée importante pour la mobilité douce au quotidien.

Trois mois seulement après son entrée en vigueur, le texte produit déjà des effets concrets et positifs. D’une part, les communes disposent désormais d’une base légale leur permettant d’exiger des places de stationnement pour vélos auprès des architectes et autres porteurs de projets qui n’en prévoiraient pas spontanément, souvent faute d’en mesurer la nécessité. Cette évolution renforce l’approche proactive défendue par PRO VELO, qui peut intervenir en amont plutôt que de contester les projets une fois mis à l’enquête publique.

D’autre part, ces exigences minimales sont progressivement intégrées par les architectes, déjà familiers des normes VSS qu’ils appliquent dans de nombreux autres domaines techniques.

Rappel : le rôle des stationnements pour vélos

Les stationnements vélos jouent un rôle déterminant dans le développement de la mobilité douce, car ils conditionnent l’usage quotidien du vélo autant que les infrastructures cyclables elles-mêmes. Dans le cadre de la stratégie cantonale « mobilité douce 2040 » du Valais, qui ambitionne de faire passer la part modale de la mobilité active (piétons + cyclistes) de 5 % à 15 %, l’amélioration de l’offre de stationnement est un levier essentiel. En garantissant des places suffisantes, bien situées et conformes aux normes professionnelles, les collectivités renforcent l’attractivité du vélo et soutiennent concrètement le report modal vers des modes de déplacement plus durables.

Mars 2026, le retour en arrière

Dans un postulat urgent déposé lors de la session de mars 2026, plusieurs députés ont demandé de revenir sur l’article 39, en demandant au Conseil d’État à en suspendre l’application dans le règlement d’exécution. Avant d’aborder le fond, il convient toutefois de s’arrêter sur la forme, qui soulève plusieurs questions problématiques.

Rappel courtois à nos députés: comment fonctionne notre Etat de droit

Dans un État de droit, deux principes fondamentaux structurent l’organisation institutionnelle: la séparation des pouvoirs et la hiérarchie des normes.

La première garantit la distinction entre les fonctions législative, exécutive et judiciaire, afin d’éviter la concentration du pouvoir et d’assurer un équilibre institutionnel. Le Grand Conseil (autorité législative) adopte les lois, tandis que le Conseil d’État (autorité exécutive) est chargé de leur mise en œuvre et de leur application.

Le principe de la hiérarchisation des normes établit que les règles juridiques sont organisées selon un ordre de supériorité. Une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure, ce qui assure la cohérence et la sécurité du droit. Ainsi, une loi élaborée par un législatif cantonal, donne lieu à un règlement d’application, rédigé par l’exécutif cantonal.

En demandant à l’exécutif de « suspendre l’application de l’article 39 de la loi sur les constructions »,le législatif fait abstraction de ces deux principes fondamentaux (il demande au Conseil d’Etat de ne pas appliquer la loi qu’il a lui-même votée).

Il reste à souhaiter que le Conseil d’Etat, dans sa réponse à ce postulat urgent, ne donne suite à cette demande. Une initiative parlementaire, bien plus juste sur la forme, a été déposée et sera traitée dans une session parlementaire à venir.


Sur le fond, PRO VELO Valais/Wallis a pris acte des arguments des postulants, et prend note qu’il ne s’agit pas d’une volonté particulière de limiter les stationnements pour vélos, mais plutôt de dénoncer l’impact de l’art. 39 sur les places de parc (pour voitures donc).

Les arguments des postulants sont les suivants:

  • L’administration cantonale appliquerait trop strictement cette nouvelle disposition, en limitant le nombre de places pouvant être exigées dans les projets de logements, en particulier dans les vallées.
  • Les normes VSS n’ont pas à être appliquées de manière automatique comme une règle de droit uniforme, et ne sont de surcroît pas accessibles publiquement.

Dans les faits, ces arguments apparaissent largement contestables. D’une part, toute personne ayant déjà travaillé dans une administration sait que celle-ci n’agit que sur la base de fondements légaux stricts qui encadrent et limitent son action. Par ailleurs, il est peu probable qu’une application prétendument trop rigoureuse de la norme soit déjà perceptible, la loi n’étant en vigueur que depuis trois mois.

D’autre part, la norme concernée (VS 40 281) est facilement accessible en ligne (voir ici). À la lecture attentive de son contenu (on peut supposer que les députés ne l’ont pas fait, sinon ils n’auraient pas affirmé qu’elle soit inaccessible), il apparaît qu’elle laisse précisément une marge d’appréciation pour tenir compte des spécificités locales.

Ainsi, on peut y lire à

  • l’art. 3, que l’appréciation d’intérêts publics supérieurs pouvant être contradictoires peut conduire à une offre en cases de stationnement plus élevée ou plus faible que celle qui serait obtenue en appliquant la norme;

  • à l’art. 9.4 (qui d’ailleurs s’intitule ‘conditions locales particulières’), qu’il peut être judicieux de s’écarter des valeurs indicatives ci-dessus afin de tenir compte de conditions locales particulières ou de formes spéciales de logement (p.ex. habitat sans voiture).

De manière analogue, la norme VSS 40 065 concernant les stationnements pour vélos (elle aussi accessible en ligne, voir ici) contient tout un article (art. 17) dédié aux adaptations selon les particularités locales. Il y a par exemple la possibilité de réduire jusqu’à 50% le nombre de places pour vélos dans certaines conditions (lire l’article ici).

Ainsi, les normes VSS offrent déjà la marge de manœuvre que les auteurs du postulat appellent de leurs vœux. Si une majorité de députés n’avait manifestement pas pleinement mesuré les effets de l’article 39 lors de son adoption, elle risque aujourd’hui de reproduire la même erreur en envisageant sa suppression sur la base d’une problématique qui n’apparaît pas avérée.

En définitive, la suppression de cet article serait non seulement inutile, mais elle reviendrait à fragiliser un progrès important en matière de mobilité douce au quotidien.

Et maintenant ?

L’initiative parlementaire sera traitée dans les prochains mois. PRO VELO Valais/Wallis lance un appel à toutes les députées et à tous les députés.

NOTRE APPEL

Mesdames et Messieurs les députés, lisez les normes VSS (accessibles en ligne)!
Les normes que vous souhaitez biffer de la loi prévoient expressément une marge de manoeuvre pour les places de parc. En supprimant l’art. 39 de la loi pour un problème qui n’existe pas, vous supprimez aussi toute avancée en matière de mobilité douce!

Afin de ne pas compromettre les avancées en matière de stationnement pour vélos, PRO VELO recommande de maintenir l’article 39, ou à défaut, de compenser sa suppression par l’introduction d’une disposition spécifique dédiée au stationnement vélo. Les normes VSS étant appliquées dans l’ensemble de la Suisse, il n’apparaît pas justifié qu’il en soit autrement dans le canton du Valais.


Vers notre communiqué de presse


Les médias en parlent:
– Le Nouvelliste, 17.03.2026
– Rhône FM, 17.03.2026


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FAQ : les préjugés les plus courants sur les cyclistes

25 janvier 2026

Les connaissances liées à la mobilité douce et la mobilité de manière plus générale sont souvent contre-intuitives. Voici quelques préjugés que nous entendons (trop) souvent.

Cette liste n’est pas exhaustive. Vous en connaissez d’autres? Contactez-nous. Ou sinon, rendez-vous sur la page de Cycling fallacies.

Pourquoi a-t-on des préjugés sur les cyclistes?

Ils sont le fruit d’un mélange de psychologie sociale, de conflits d’usage de l’espace public, et de culture routière ancrée. Tentative d’explication. 

1. Les biais cognitifs

  • Biais de confirmation: les automobilistes qui s’attendent à ce que les cyclistes se comportent mal remarquent davantage les infractions des cyclistes, tout en ignorant ou minimisant celles des automobilistes (par exemple, petits excès de vitesse, stops glissés, téléphone au volant…). 
  • Biais de visibilité: un-e cycliste qui roule à contresens ou passe un feu rouge attire davantage l’attention que 10 voitures qui dépassent légèrement la vitesse limite. 

2. La culture de la voiture dominante

En Valais, la voiture est la norme sociale. Tout ce qui la remet en cause – piétons, transports publics, cyclistes – est perçu comme un obstacle ou une entorse à l’ordre établi. Il s’agit d’un concept scientifique qui s’intitule motonormativité, bien expliqué ici. 

3. Le conflit d’usage

Les cyclistes partagent l’espace routier avec les piétons, les automobilistes et les transports publics. Ils sont perçus comme gênants, car ils sont visibles partout, sans avoir d’espace réellement conçu pour eux.

4. Manque de connaissance

  • Beaucoup d’automobilistes n’ont jamais fait du vélo en ville ou sur une route de montagne. Ils ignorent les contraintes réelles comme le danger physique, le dépassement trop proche, le refus de priorité. 
  • Parfois, il y a même la méconnaissance de règles basiques. Par exemple:
    • les cyclistes ont le droit de remonter une file de voitures par la droite
    • en présence de ce panneau, on peut obliquer au feu rouge (le feu rouge se transforme alors en cédez-le-passage):

« Les cyclistes ne respectent pas le code de la route »

Il s’agit probablement de la critique la plus courante, qu’on retrouve aisément sous les publications liées à la mobilité douce. Mais est-ce vraiment vrai, ou seulement une perception subjective? 

1. Ce que montrent les études

Les données disponibles vont toutes dans le même sens : les cyclistes respectent majoritairement les règles, et pas moins que les automobilistes.

Une étude danoise commanditée par le gouvernement en 2019, basée sur l’observation vidéo de 28’579 cyclistes à des carrefours, montre que seuls 4.9% des cyclistes enfreignent le code lorsqu’ils roulent sur une piste cyclable. En l’absence de piste, ce chiffre monte à 14%. Les petites villes dépourvues d’infrastructures cyclables bien aménagées présentent nettement plus d’infractions que les villes bien équipées.

Parallèlement, la direction danoise des routes a montré que près de deux tiers des automobilistes enfreignent régulièrement la loi, l’excès de vitesse étant l’infraction la plus fréquente.

Une étude du Florida Department of Transportation a suivi 100 cyclistes équipés de GPS et de caméras pendant plus de 2’000 heures. Les cyclistes respectaient la loi 88% du temps de jour et 87% de nuit, alors que les automobilistes interagissant avec eux n’étaient en conformité que dans 85% des cas.

À Londres, Transport for London a observé 7’502 cyclistes sur cinq grands carrefours aux heures de pointe. Seuls 16% ont grillé un feu rouge à au moins un des sites observés, ce qui signifie que 84% respectaient les feux.

2. L’infrastructure change les comportements

Toutes ces études montrent que le respect des règles dépend fortement de la qualité de l’aménagement.

Au Danemark, on passe de 4.9% d’infractions sur pistes cyclables à 14% sans infrastructure. Les comportements perçus comme « illégaux » sont souvent une adaptation à un environnement mal conçu.

3. Les cyclistes enfreignent surtout pour se protéger

Deux études académiques majeures montrent que lorsque les cyclistes ne respectent pas une règle, ce n’est généralement pas par désinvolture.

L’étude « Scofflaw Bicycling: Illegal But Rational » (Université du Colorado / Nebraska, 2017) montre que les cyclistes enfreignent le code de la route pour protéger leur intégrité physique ou économiser leur énergie.

L’étude « Safer Cycling Study » de l’Université de Sydney (2014), menée auprès de 2’000 cyclistes, arrive à la même conclusion : trottoirs, feux rouges ou détours sont le plus souvent des stratégies de sécurité.

4. La gravité réelle est très différente

On se focalise sur les petites infractions visibles des cyclistes, mais ce sont les véhicules motorisés qui causent presque toutes les morts.

En Suisse, des conducteurs ont tué 23 personnes sur des passages piétons en 2023. En France, 99.8% des piétons tués le sont par des personnes motorisées.

Lire l’article de l’OUVEMA (Université de Lausanne)

Ce décalage de perception est bien illustré dans cette vidéo :

Vidéo Carspiracy

5. La visibilité fausse notre jugement

On voit facilement un-e cycliste avec des écouteurs, sur le trottoir ou au feu rouge.
On voit beaucoup moins l’automobiliste qui regarde son téléphone, roule trop vite ou dépasse un vélo de trop près.

6. La plupart des cyclistes connaissent le code de la route

La majorité des cyclistes sont aussi des automobilistes. En Suisse, près de 95% des usagers de vélos électriques ont un permis.

En revanche, beaucoup de non-cyclistes ignorent des règles importantes pour le vélo : 69% ne connaissent pas le tourne-à-droite au feu rouge pour les cyclistes, et 56% ignorent la recommandation de rouler au milieu des giratoires (étude « Les carrefours à vélo », OUVEMA, p.24-25).

7. Le mythe de l’automobiliste respectueux

Les infractions motorisées sont massives et bien documentées, notamment pour la vitesse, l’alcool et l’usage du téléphone.

Par exemple, le BPA montre que le non-respect des limitations de vitesse est très répandu en Suisse :

Lire l’article

En résumé
Les cyclistes ne respectent pas moins le code de la route que les autres usagers de la route. Leurs écarts sont plus visibles et plus critiqués, mais beaucoup moins dangereux. Et lorsqu’ils s’écartent des règles, c’est le plus souvent pour se protéger dans un trafic dominé par la voiture.


« Les voies cyclables sont financées par les automobilistes »

On reproche souvent aux cyclistes de ne pas payer de taxes. Il est alors fait état de la vignette autoroutière, les taxes sur les carburants ou les impôts sur les véhicules. 

Mais pourquoi donc? Voici quelques faits.

  • Vignette autoroutière: le mot l’indique, cette vignette sert à payer les routes nationales (principalement les autoroutes). Selon l’Office fédéral du développement territorial, les 365 millions de francs résultant sont intégralement versées pour les routes nationales, où il n’y a pas de cycliste.
  • Taxes sur les carburants : un véhicule qui n’utilise pas de carburant n’est logiquement pas soumis à une taxe sur les carburants.
  • Impôts sur les véhicules: il est lié à l’utilisation d’un véhicule à moteur. Les vélos électriques rapides paient par exemple, tout comme les cyclomoteurs.

Une catégorisation peu adéquate

Au-delà de ces faits, la plupart des cyclistes sont aussi automobilistes. Dès lors, faire taxer un usager ou une usagère deux fois n’a pas de sens. Dans la même logique, pour être juste, il faudrait alors instaurer un système de paiement à la carte, en fonction du véhicule qu’on conduit, de la route sur laquelle on roule et du carburant qu’on utilise. On voit bien que c’est un non-sens et impossible à appliquer.

Une vision plus large à adopter 

De manière générale, la pratique du vélo apporte de l’argent à la société (alors que conduire une voiture en fait perdre). 

Selon les derniers chiffres de l’Office fédéral du développement territorial ARE, le transport privé motorisé de personnes coûte 17’318 millions de francs par année à la société suisse (chiffres 2022). Chaque fois que l’on prend sa voiture, la société nous “sponsorise” de 28 centimes par kilomètre.

La pratique du vélo, c’est tout le contraire. C’est ce que montre une étude au Bénélux. Chaque km parcouru en vélo rapporterait plus d’un euro à la collectivité, tandis que chaque km parcouru en voiture en coûterait un. 

Autre exemple: selon Stein van Oosteren, auteur du livre “Pourquoi pas le vélo?”, les Pays-Bas investissent 500 millions d’euros par an dans leurs infrastructures cyclables, et estiment que cela leur rapporte une économie en termes de coûts de la santé de 19 milliards d’euros par an (soit 3% du PIB).


« Les cyclistes devraient faire un permis spécifique »

A ce jour, rien ne justifie la création d’un permis spécifique pour conduire un vélo, car:

  • Le vélo est un véhicule soumis aux mêmes règles que la voiture. Dès lors, conduire un vélo implique la connaissance du code de la route, et toute infraction est punissable.
  • Il n’est pas prouvé que les cyclistes commettent plus d’infractions que les automobilistes et mériteraient dès lors qu’on les forme de manière spécifique (voir ci-dessus le paragraphe « Les cyclistes ne respectent pas le code de la route« ). D’ailleurs, les cyclistes sont rarement responsables des accidents les impliquant : les statistiques montrent que les accidents graves impliquant des cyclistes sont souvent causés par des automobilistes.
  • La plupart (env. 95%) des cyclistes sont aussi automobilistes, ils connaissent donc le code de la route car ils sont titulaires d’un permis de conduire. 
  • Une meilleure sensibilisation (y compris des automobilistes) est bien plus efficace que l’imposition d’un permis. PRO VELO mène régulièrement des actions de sensibilisation et donne des cours vélos. 

« Il est temps de réintroduire une vignette pour vélos »

En mars 2025, une élue UDC zurichiose a déposé une motion au Parlement fédéral demandant de “réintroduire une vignette vélo, afin de financer une partie de l’infrastructure routière, notamment les pistes cyclables.” De quoi raviver de vifs débats.

La vérité sur l’ancienne vignette pour vélos

La notion de “réintroduire” interpelle: aurait-on déjà financé dans le passé des pistes cyclables avec une vignette? 

Non. La vignette vélo a été introduite en 1894 en Suisse (oui, c’est vieux, très vieux). À l’origine, il s’agissait d’une plaque métallique destinée à identifier les vélos et à percevoir une taxe. Elle a évolué au fil du temps pour devenir, à partir de 1946, une preuve d’assurance responsabilité civile, ce qui est resté son principal rôle jusqu’à sa suppression en 2012. 

Ainsi, la vignette telle qu’on l’a connue dans le passé n’a jamais financé de piste cyclable!

Un faux sentiment d’injustice 

Certaines personnes crient à l’injustice, lorsqu’elles affirment que les automobilistes paient des taxes que les cyclistes ne doivent pas payer. Rappelons dès lors quelques faits: 

  • Les taxes sur les carburants et la vignette autoroutière financent les routes nationales (où vous ne verrez jamais de pistes cyclables).
  • Les routes cantonales et communales, où vous trouverez parfois des voies cyclables, sont financées par l’impôt, que tout le monde paie (oui, les cyclistes sont des personnes comme les autres, imposées comme tout le monde). 
  • Ce qui coûte cher, c’est de construire des autoroutes (on en sait quelque chose en Valais). Un mètre d’autoroute coûte environ 145 fois plus cher qu’un mètre de piste cyclable. Si vous pensez donc trop payer, demandez au politique de créer des pistes cyclables.
  • Si on introduisait une vignette pour le vélo, rapportée au prix de la vignette autoroutière, elle coûterait 28 centimes par année. Cela montre à quel point une telle vignette serait absurde.

« Diminuer le nombre de voitures dans les centres-villes tue nos commerçants »

Parfois, des commerçants mettent la clé sous le paillasson. Bien que navrant, cela est la dure réalité d’une économie de marché. Mais est-ce la faute d’un urbanisme faisant de la place à la mobilité cyclable?

Une thématique complexe et multifactorielle

La cause d’une fermeture peut s’expliquer souvent par plusieurs facteurs.

  • Le commerce en ligne : dans notre monde moderne, nous achetons souvent en ligne, car c’est pratique. Cela se fait au détriment des commerces locaux.
  • Des loyers exorbitants: les loyers dans les centre-villes sont souvent élevés, ce qui a un impact sur les coups d’exploitation.
  • La concurrence des grands centres commerciaux: il est certes plus simple de faire toutes ses courses en une fois, et ne plus faire l’effort d’aller voir les commerçants du coin.
  • La vacance commerciale qui s’auto-alimente: quand plusieurs commerces ferment dans une même rue, le flux de clients baisse encore, ce qui met encore plus de pression sur ceux qui restent. C’est un effet «domino» : moins de boutiques = moins de visiteurs = encore plus de fermetures.

L’imagination du scénario inverse

La mobilité douce (et plus largement l’urbanisme) ne sont pas une cause des fermetures des petits commerces.

D’une part, car c’est plus un mythe populaire qui a été réfuté tant scientifiquement qu’empiriquement dans tant de villes.

Lire l’article de Cycling fallacies

D’autre part, imaginons le scénario inverse: une vieille-ville avec de nombreuses voitures et des places de parc devant chaque magasin. Si, dans un scénario ‘idéal’, chaque place de parc apporte 2 personnes, chaque magasin bénéficie de 2 places de parc et chaque client passe en moyenne 15′ dans la boutique, cette dernière verra env. 16 visiteurs par heure.

Il s’agit d’un scénario peu imaginable et peu souhaitable, tant cela poserait des problèmes de logistique, pollution et confort de vie. Quoi de mieux qu’une rue piétonne, vivante, qui attire de nombreux passants, dont certains à vélo.


« Le vélo n’a pas sa place en hiver »

Selon une étude de la Haute Ecole de Lucerne, près de 3/4 des cyclistes qui se rendent le plus souvent à leur travail ou à leur formation enfourchent leur vélo même lorsque les conditions météorologiques sont défavorables. Toujours selon cette étude, la satisfaction à l’égard de l’infrastructure cycliste est un facteur décisif. Alors qu’une infrastructure déficiente est presque devenu un mal acceptable en été, cela devient un fait critique en hiver.

Ainsi, cette affirmation repose simplement sur une habitude et de vieilles mentalités!

Dégager les voies cyclables 1-2 jours après les chutes de neige, c’est un choix politique. A Copenhague par exemple, les pistes cyclables sont déblayées en premier, et la ville a massivement investi dans des déneigeuses spécialisées. Le budget pour le déneigement des pistes cyclables a augmenté de 2 millions de DKK par an (270’000 €) à partir de 2012 (source).


« En matière de respect des lois, il y a deux poids – deux mesures »

Selon la loi, le vélo est un véhicule soumis aux mêmes normes que l’automobile. Ainsi, les cyclistes sont aussi soumis à l’ordonnance sur les amendes d’ordre.  

Les infractions possibles y sont listées, comme par exemple: 

« Griller » un feu rougeCHF 60.-
Ne pas s’arrêter complètement à un stopCHF 30.-
Rouler sur le trottoirCHF 40.-
Rouler dans les zones piétonnesCHF 30.-
Ne pas utiliser la piste/bande cyclable (si existante)CHF 30.-
Ne pas accorder la priorité à un passage pour piétonsCHF 40.-
Lâcher complètement son guidonCHF 20.-
Circuler sans feu sur une route éclairée de nuitCHF 40.-
Circuler sans feu sur une route non-éclairée, de nuitCHF 60.-
Circuler sans sonnette (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Circuler sans rétroviseur (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 20.-
Ne pas porter le casque (pour vélos électriques et cyclomoteurs)CHF 30.

Ainsi, le vélo étant aussi un véhicule, il est soumis aux mêmes règles que tous les autres véhicules!



Plus de stationnements pour vélos chez les particuliers – un pas décisif est franchi !

5 janvier 2026

Avec l’adoption par le Grand Conseil valaisan de la nouvelle mouture de la loi cantonale sur les constructions et l’entrée en vigueur du nouvel article 39, le cadre légal évolue de manière décisive en faveur du vélo. Désormais, tous les nouveaux projets de construction doivent intégrer des places de stationnement conformes aux normes de l’Association suisse des professionnels de la route et des transports (VSS), y compris pour les vélos. Cette évolution marque un tournant important pour la qualité des bâtiments et pour le développement de la mobilité douce en Valais.

Exemple de places de stationnements qui ne sont pas aux normes
(parking du Nord, Sion)

Des normes désormais contraignantes

PRO VELO Valais/Wallis salue cette avancée politique majeure. En faisant expressément référence aux normes VSS, l’article 39 leur confère désormais un caractère contraignant pour l’ensemble des obligations liées aux places de stationnement : nombre de places, dimensionnement, implantation, places communes, exceptions et contributions de remplacement. Alors que ces normes étaient jusqu’ici souvent appliquées comme de simples recommandations, elles deviennent désormais juridiquement opposables. Cette clarification crée une base solide et uniforme à l’échelle cantonale et garantit que les stationnements vélos seront planifiés selon des standards reconnus de qualité et de fonctionnalité.

Notre intervention sur Rhône FM (07.01.2026)

PRO VELO informe les professionnels de la construction

Afin d’accompagner cette évolution, PRO VELO Valais/Wallis a entrepris une démarche d’information ciblée auprès des bureaux d’architectes et d’ingénieurs actifs dans la conception de logements. Ces jours-ci, une lettre leur est envoyée pour présenter la nouvelle réglementation, souligner l’importance d’intégrer les stationnements vélos dès les premières phases de planification et montrer qu’il est beaucoup plus simple — et plus efficace — de les prévoir dès le début d’un projet que de les ajouter a posteriori.

L’objectif est de favoriser des solutions bien intégrées, fonctionnelles et adaptées aux besoins réels des habitantes et habitants, en évitant des aménagements de fortune peu pratiques ou sous-dimensionnés.

Lire la lettre
Vers le communiqué de presse

Des outils concrets pour bien faire

Les bureaux intéressés ont également reçu le Guide vélo, le manuel stationnement des vélos de la Conférence Vélo Suisse ainsi que le guide exemplaire élaboré par les autorités communales sédunoises. Ces documents détaillent les bonnes pratiques, les exigences techniques et les éléments clés à respecter pour concevoir des stationnements fonctionnels, sûrs et adaptés aux besoins des usagères et usagers.

Une réponse à une demande forte

En 2026, la demande en stationnements vélos est forte dans toute la population. Que ce soit pour les déplacements domicile-travail, les études, les loisirs ou les trajets du quotidien, de plus en plus de personnes choisissent le vélo. Des stationnements bien conçus sont une condition essentielle pour rendre ce choix possible et attractif. Ils contribuent directement à une mobilité plus durable, à la réduction du trafic motorisé et à une meilleure qualité de vie en Valais.

Par cette réforme et par l’entrée en vigueur de l’article 39, le canton se dote enfin d’un outil efficace pour intégrer pleinement le vélo dans la conception des bâtiments et des quartiers. PRO VELO Valais/Wallis se réjouit de cette avancée et poursuivra son engagement pour que ces nouvelles règles soient mises en œuvre de manière ambitieuse et cohérente sur le terrain.

JM UCCIANI, dessinateur
www.ucciani-dessins.com

PRO VELO Valais lance le réseau Avocavélo

8 décembre 2025

Un réseau pour défendre les cyclistes et faire progresser la mobilité douce

PRO VELO Valais annonce le lancement d’Avocavélo, un réseau qui réunit des professionnel·le·s du droit, des expert·e·s techniques et des usager·ère·s engagé·e·s. L’objectif : défendre les droits des cyclistes, mieux accompagner ceux qui rencontrent des difficultés et renforcer la place du vélo dans les politiques publiques.

Sur la route, dans l’espace public ou face à l’administration, les cyclistes sont confrontés à des situations parfois complexes : accidents, litiges d’assurance, problèmes d’infrastructures ou décisions qui impactent la mobilité quotidienne. Avocavélo entend apporter un soutien juridique et stratégique, mais aussi une expertise crédible dans le débat autour de l’aménagement du territoire.

Au-delà du soutien individuel, le réseau souhaite devenir une force constructive pour améliorer les conditions de circulation, promouvoir des aménagements sûrs et encourager un changement de culture en faveur du vélo comme mode de déplacement durable.

Avec Avocavélo, PRO VELO Valais franchit une nouvelle étape pour que se déplacer à vélo en Valais soit plus sûr, plus simple et mieux reconnu.

➡ Envies de contribuer, proposer vos compétences ou simplement soutenir la démarche ?
Rejoignez le réseau Avocavélo et prenons ensemble position pour une mobilité douce ambitieuse et équitable.

Réjoindre le réseau

Les médias en parlent:
– Nouvelliste, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025
– Rhône FM, 09.12.2025, journal de 18:00
– 20minutes, 09.12.2025

Loi sur les voies cyclables : le Valais est en route… mais encore à la traîne !

7 juillet 2025

Chez PRO VELO, on ne fait pas du vélo pour tourner en rond. Et justement : aujourd’hui marque un petit jalon historique avec la publication du rapport intermédiaire sur l’application cantonale de la Loi sur les voies cyclables (LVC). Alors, bonne nouvelle: le Valais pédale enfin dans la bonne direction. Moins bonne nouvelle : on est encore loin du sprint final.

Un cadre légal… mais pas encore suffisamment de pistes cyclables sous nos roues

En 2018, 74% de la population suisse a dit oui à la mobilité douce. Résultat : depuis deux ans et demi, les cantons doivent planifier des réseaux cyclables sûrs et attractifs. En Valais, on a même pris les devants avec une base légale cantonale pour la mobilité douce. En lançant une initiative cantonale, la nouvelle loi sur les transports publics et la mobilité douce quotidienne a pu être façonnée convenablement. Et cela nous positionne parmi les premiers cantons à le faire.

Mais avant de sortir les trompettes: pour l’instant, ces belles pistes cyclables sont surtout dessinées sur papier. Concrètement, on voit encore plus de voitures que de vélos. La loi fédérale impose pourtant des réseaux réalisés d’ici 2042. Ça laisse le temps, oui, mais l’exemple de l’autoroute du Haut-Valais – planifiée en 1960 et toujours en chantier – nous rappelle que la procrastination valaisanne est légendaire…

Entre volonté politique et coup de pédale communal

PRO VELO tient à saluer l’arrivée du nouveau chef de service de la mobilité, M. Sylvain Dumoulin. Et compte sur lui pour éviter que nos futures pistes ne restent coincées dans un tiroir poussiéreux. Rappel aux communes : c’est le moment ou jamais d’enfourcher la bicyclette et de penser « réseau cyclable » sérieusement. Avec stationnements adaptés, RCCZ modernisés, et pourquoi pas une stratégie locale.

Le vélo est un vrai moyen de transport, pas juste un loisir du dimanche. Chez PRO VELO Valais/Wallis, on reste sur la selle, vigilants et motivées. Les bases sont là, les cadres légaux aussi : maintenant, il faut des pistes concrètes, pas des promesses sur papier glacé.

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Les médias en parlent:

  • Le Nouvelliste: « Développement du réseau de voies cyclables: Pro Vélo Valais salue des avancées »
  • Radio Chablais: « Bilan de l’application de la loi fédérale sur les voies cyclables en Valais »
  • Canal 9: « Les pistes cyclables sur la bonne voie »
  • Rhône FM: l’interview (min. 3:30) / « Le développement des voies cyclables suisses tient la cadence »
  • Walliser Bote: « Wallis nimmt bei der Umsetzung des Veloweggesetzes eine Pionierrole ein ».
  • Walliser Zeitung: « Wichtiger Meilenstein erreicht – doch der Weg ist noch lang »
  • Kanal9: Tagesjournal, Min. 5:56


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30km/h: l’influence du lobby de la voiture sur le Parlement fédéral

28 avril 2024

Une motion a priori anodine

Décembre 2021, session parlementaire d’hiver, Berne. Alors que le monde politique se remet à peine des sessions mouvementées liées à la pandémie du Covid-19, des sujets comme celui de la mobilité refont leur apparition dans les discussions.

Un Conseiller national libéral-radical du canton de Lucerne dépose alors une motion intitulée « Consolider la hiérarchie du réseau routier à l’intérieur comme à l’extérieur des localités ». En somme, la motion demande de garantir – plus précisément d’ancrer – la hiérarchie du réseau routier dans la loi fédérale sur la circulation routière, en garantissant que les zones de 30 km/h demeurent une exception sur les routes à orientation trafic à l’intérieur des localités.

Les nouvelles dispositions

La loi sur la circulation routière stipule que l’autorité ne peut abaisser la vitesse maximale de 50km/h sur les routes à orientation trafic que sur la base d’une expertise.

Entre le dépôt de la motion parlementaire en 2021 et le débat au Parlement fédéral (automne 2023 au Conseil national et printemps 2024 au Conseil des Etats), de nouvelles dispositions fédérales sont entrées en vigueur début 2023.

Parmi celles-ci, la suppression de l’obligation d’établir une expertise dans les rues à orientation résidentielle pour diminuer la vitesse. Les communes peuvent ainsi diminuer la vitesse maximale sur une route résidentielle à 30km/h, sans effectuer d’expertise (alors que celle-ci demeure pour les routes à orientation trafic).

Le Conseil fédéral rappelait au passage l’importance et le maintien du régime différencié entre limitations à 50km/h et zones à 30km/h et réfutait une quelconque volonté de vouloir instaurer des zones à 30km/h de manière généralisée.

La clarté de la législation actuelle

Selon le motionnaire PLR, la législation fédérale n’était pas suffisamment claire, il s’agirait d’introduire une réglementation claire de la hiérarchie entre les routes à orientation trafic en localité et les routes à orientation résidentielle.

Or, comme le rappelle le Conseil fédéral, une telle réglementation était déjà en vigueur, même si elle n’était pas inscrite dans la loi mais dans l’ordonnance y relative.

Ainsi, pour réellement mettre en œuvre la volonté du motionnaire, il aurait fallu abolir la possibilité de diminuer la vitesse sur des routes à orientation trafic, en supprimant tout simplement la possibilité de le faire moyennant une expertise qui démontre les bienfaits d’une telle réduction de vitesse.

Albert Rösti, Conseiller fédéral en charge de la mobilité:

Pour atteindre le véritable objectif de la motion, il faudrait renforcer le droit en vigueur et ne pas se contenter d’inscrire dans la loi, plutôt que dans l’ordonnance, les prescriptions actuelles relatives à la limitation de vitesse à 30 km/h. Il faudrait donc quasiment écrire que la vitesse est en principe de 50 km/h sur les routes à orientation trafic et supprimer la référence à l’expertise.

La motion a finalement été acceptée par une large majorité dans les deux chambres fédérales.

La face cachée de la motion

Mais alors, diriez-vous, pourquoi cette motion, si de telles dispositions sont déjà en vigueur dans la pratique ? Plusieurs explications existent.

1. Une question de fédéralisme

Une majorité des membres du Parlement ne soutient pas les politiques de généralisation de la réduction de la vitesse, menées au niveau local (cantonal, mais surtout communal). Le seul moyen pour les élus fédéraux de contrecarrer ces avancées est de restreindre le champ d’action des communes, et compliquer administrativement la mise en œuvre des zones à 30km/h.

L’action politique, qui semble donc a priori anodine, est en réalité une ingérence de la politique fédérale dans les politiques de mobilité locales. Les élus fédéraux, peu conscients des problématiques locales, contournent ainsi les revendications communales.

2. Une vision archaïque de la mobilité

Une large partie du monde politique croît, à tord, que la fluidité du trafic augmentera avec l’augmentation de la vitesse maximale dans les agglomérations.

Dans les faits, c’est le contraire, et une telle vision reflète une grande méconnaissance des théories de la mobilité. Les zones à 30km/h fluidifient le trafic, et les routes déjà tant congestionnées ne permettent en pratique de toute manière rarement une vitesse supérieure à 30km/h.

Quand bien même la nuit, une vitesse à 50 km/h pourrait théoriquement valoir (car il n’y a pas de congestions), d’autres arguments, surtout liés à la santé, parlent en défaveur d’une telle mesure. En effet, diminuer la vitesse dans les agglomérations, même sur les routes dédiées au trafic au sein des agglomérations, augmente la qualité de vie des habitantes et habitants.

En milieu urbain, l’exception devrait être la vitesse maximale de 50 km/h et la règle les zones à 30 km/h, et non l’inverse.

3. Une soumission, parfois involontaire, au lobby de la voiture

Les conséquences de cette motion, c’est l’introduction de complications administratives, car les dispositions inscrites jusqu’à présent dans l’ordonnance le seront dans la loi.

Cela ouvre potentiellement la porte à une modification de l’ordonnance (qui doit respecter la volonté du législateur de vouloir des zones à 30 km/h uniquement de manière exceptionnelle).

Ainsi, le législateur fédéral suit, potentiellement sans même s’en rendre compte, le lobby de la voiture, qui agit à l’encontre des politiques urbaines, dont les bienfaits et l’efficacité (aussi en matière de fluidité) sont scientifiquement fondés.

PRO VELO Valais/Wallis s’engagera toujours en faveur des mesures qui sont fondées sur la science, et non pas sur une idéologie pro-voiture, dont la réelle vocation est le maintien d’une vision du tout-à-la-voiture, désuète depuis bien longtemps.


Cet automne, nous voterons sur le projet d’extension des autoroutes.

Nous nous engageons pour que l’argent public soit alloué à des projets plus responsables !

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