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PRO VELO Valais Wallis

PRO VELO Valais Wallis

L’association pour la promotion de la mobilité cyclable quotidienne et la défense des cyclistes en Valais.

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Politique

Stationnement pour vélos en Valais : un recul qui interroge

5 avril 2026

À contre-courant des efforts en faveur de la mobilité durable, le canton du Valais réduit ses ambitions en matière de stationnement vélo. Voici le récit.

La nouvelle loi cantonale sur les constructions

Au début de l’année 2024, le Conseil d’État valaisan a lancé une révision de la loi cantonale sur les constructions et de son ordonnance d’application. À l’issue d’une consultation menée jusqu’en février, un projet a été finalisé puis transmis au Grand Conseil.

Soumis à une première lecture en septembre 2024, le texte a été profondément remanié par de nombreux amendements. Après des débats nourris lors de la deuxième lecture en février 2025, le Grand Conseil a finalement adopté cette nouvelle mouture de la loi par 106 voix contre 13, avec 2 abstentions. La nouvelle loi est entrée en vigueur le 01.01.2026.

L’article 39 et les stationnements pour vélos

D’un intérêt particulier pour la communauté cycliste, l’article 39 de cette loi cantonale sur les constructions prévoit que les obligations en matière de places de stationnement sont désormais alignées sur les normes professionnelles, en l’occurrence les normes VSS. Il précise aussi que les règlements communaux doivent au minimum reprendre les exigences fixées par ces standards.

Il s’agit d’une avancée majeure en matière de politique de stationnement! Les normes VSS définissent les exigences techniques relatives à la conception et à la construction des infrastructures routières, y compris les stationnements pour vélos. Elles précisent les besoins en fonction des différents types de bâtiments, qu’il s’agisse d’immeubles d’habitation, de parkings, de halles industrielles, de commerces ou encore de bureaux.

Les normes VSS en lien avec les stationnements pour vélos


La plupart des règlements communaux datent du XXe siècle et sont aujourd’hui en cours de révision. À quelques exceptions près, ils ne contiennent pratiquement aucune disposition relative au stationnement des vélos. Dans ce contexte, la primauté accordée aux normes professionnelles sur ces règlements devenus obsolètes constitue une avancée importante pour la mobilité douce au quotidien.

Trois mois seulement après son entrée en vigueur, le texte produit déjà des effets concrets et positifs. D’une part, les communes disposent désormais d’une base légale leur permettant d’exiger des places de stationnement pour vélos auprès des architectes et autres porteurs de projets qui n’en prévoiraient pas spontanément, souvent faute d’en mesurer la nécessité. Cette évolution renforce l’approche proactive défendue par PRO VELO, qui peut intervenir en amont plutôt que de contester les projets une fois mis à l’enquête publique.

D’autre part, ces exigences minimales sont progressivement intégrées par les architectes, déjà familiers des normes VSS qu’ils appliquent dans de nombreux autres domaines techniques.

Rappel : le rôle des stationnements pour vélos

Les stationnements vélos jouent un rôle déterminant dans le développement de la mobilité douce, car ils conditionnent l’usage quotidien du vélo autant que les infrastructures cyclables elles-mêmes. Dans le cadre de la stratégie cantonale « mobilité douce 2040 » du Valais, qui ambitionne de faire passer la part modale de la mobilité active (piétons + cyclistes) de 5 % à 15 %, l’amélioration de l’offre de stationnement est un levier essentiel. En garantissant des places suffisantes, bien situées et conformes aux normes professionnelles, les collectivités renforcent l’attractivité du vélo et soutiennent concrètement le report modal vers des modes de déplacement plus durables.

Mars 2026, le retour en arrière

Dans un postulat urgent déposé lors de la session de mars 2026, plusieurs députés ont demandé de revenir sur l’article 39, en demandant au Conseil d’État à en suspendre l’application dans le règlement d’exécution. Avant d’aborder le fond, il convient toutefois de s’arrêter sur la forme, qui soulève plusieurs questions problématiques.

Rappel courtois à nos députés: comment fonctionne notre Etat de droit

Dans un État de droit, deux principes fondamentaux structurent l’organisation institutionnelle: la séparation des pouvoirs et la hiérarchie des normes.

La première garantit la distinction entre les fonctions législative, exécutive et judiciaire, afin d’éviter la concentration du pouvoir et d’assurer un équilibre institutionnel. Le Grand Conseil (autorité législative) adopte les lois, tandis que le Conseil d’État (autorité exécutive) est chargé de leur mise en œuvre et de leur application.

Le principe de la hiérarchisation des normes établit que les règles juridiques sont organisées selon un ordre de supériorité. Une norme inférieure ne peut contredire une norme supérieure, ce qui assure la cohérence et la sécurité du droit. Ainsi, une loi élaborée par un législatif cantonal, donne lieu à un règlement d’application, rédigé par l’exécutif cantonal.

En demandant à l’exécutif de « suspendre l’application de l’article 39 de la loi sur les constructions »,le législatif fait abstraction de ces deux principes fondamentaux (il demande au Conseil d’Etat de ne pas appliquer la loi qu’il a lui-même votée).

Il reste à souhaiter que le Conseil d’Etat, dans sa réponse à ce postulat urgent, ne donne suite à cette demande. Une initiative parlementaire, bien plus juste sur la forme, a été déposée et sera traitée dans une session parlementaire à venir.


Sur le fond, PRO VELO Valais/Wallis a pris acte des arguments des postulants, et prend note qu’il ne s’agit pas d’une volonté particulière de limiter les stationnements pour vélos, mais plutôt de dénoncer l’impact de l’art. 39 sur les places de parc (pour voitures donc).

Les arguments des postulants sont les suivants:

  • L’administration cantonale appliquerait trop strictement cette nouvelle disposition, en limitant le nombre de places pouvant être exigées dans les projets de logements, en particulier dans les vallées.
  • Les normes VSS n’ont pas à être appliquées de manière automatique comme une règle de droit uniforme, et ne sont de surcroît pas accessibles publiquement.

Dans les faits, ces arguments apparaissent largement contestables. D’une part, toute personne ayant déjà travaillé dans une administration sait que celle-ci n’agit que sur la base de fondements légaux stricts qui encadrent et limitent son action. Par ailleurs, il est peu probable qu’une application prétendument trop rigoureuse de la norme soit déjà perceptible, la loi n’étant en vigueur que depuis trois mois.

D’autre part, la norme concernée (VS 40 281) est facilement accessible en ligne (voir ici). À la lecture attentive de son contenu (on peut supposer que les députés ne l’ont pas fait, sinon ils n’auraient pas affirmé qu’elle soit inaccessible), il apparaît qu’elle laisse précisément une marge d’appréciation pour tenir compte des spécificités locales.

Ainsi, on peut y lire à

  • l’art. 3, que l’appréciation d’intérêts publics supérieurs pouvant être contradictoires peut conduire à une offre en cases de stationnement plus élevée ou plus faible que celle qui serait obtenue en appliquant la norme;

  • à l’art. 9.4 (qui d’ailleurs s’intitule ‘conditions locales particulières’), qu’il peut être judicieux de s’écarter des valeurs indicatives ci-dessus afin de tenir compte de conditions locales particulières ou de formes spéciales de logement (p.ex. habitat sans voiture).

De manière analogue, la norme VSS 40 065 concernant les stationnements pour vélos (elle aussi accessible en ligne, voir ici) contient tout un article (art. 17) dédié aux adaptations selon les particularités locales. Il y a par exemple la possibilité de réduire jusqu’à 50% le nombre de places pour vélos dans certaines conditions (lire l’article ici).

Ainsi, les normes VSS offrent déjà la marge de manœuvre que les auteurs du postulat appellent de leurs vœux. Si une majorité de députés n’avait manifestement pas pleinement mesuré les effets de l’article 39 lors de son adoption, elle risque aujourd’hui de reproduire la même erreur en envisageant sa suppression sur la base d’une problématique qui n’apparaît pas avérée.

En définitive, la suppression de cet article serait non seulement inutile, mais elle reviendrait à fragiliser un progrès important en matière de mobilité douce au quotidien.

Et maintenant ?

L’initiative parlementaire sera traitée dans les prochains mois. PRO VELO Valais/Wallis lance un appel à toutes les députées et à tous les députés.

NOTRE APPEL

Mesdames et Messieurs les députés, lisez les normes VSS (accessibles en ligne)!
Les normes que vous souhaitez biffer de la loi prévoient expressément une marge de manoeuvre pour les places de parc. En supprimant l’art. 39 de la loi pour un problème qui n’existe pas, vous supprimez aussi toute avancée en matière de mobilité douce!

Afin de ne pas compromettre les avancées en matière de stationnement pour vélos, PRO VELO recommande de maintenir l’article 39, ou à défaut, de compenser sa suppression par l’introduction d’une disposition spécifique dédiée au stationnement vélo. Les normes VSS étant appliquées dans l’ensemble de la Suisse, il n’apparaît pas justifié qu’il en soit autrement dans le canton du Valais.


Vers notre communiqué de presse


Les médias en parlent:
– Le Nouvelliste, 17.03.2026
– Rhône FM, 17.03.2026


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J’adhère!

« Il ne faut pas opposer les modes de transport »

7 mars 2026

Cette petite phrase, on l’entend souvent dans les discours politiques. Surtout en cette période d’élections communales, quand plusieurs candidates et candidats se positionnent sur des sujets locaux comme la mobilité.

Voici un exemple noté en marge des élections communales vaudoises du 8 mars 2026:

Source : PLR Lausanne

Opposer les usagers, ou les modes?

De manière générale, le postulat selon lequel il ne faudrait pas opposer les usagères et usagers est juste. PRO VELO Valais/Wallis le rappelle régulièrement, notamment lors du lancement de son initiative cantonale en 2021 (20min.ch, article du 26.11.2021).

En effet, la plupart des cyclistes possèdent également un permis de conduire et une voiture, qu’ils utilisent lorsque cela s’avère nécessaire. En une seule journée, il est donc possible de se retrouver à la fois piéton, cycliste et automobiliste.

Cependant, le fait de ne pas opposer les usagers ne signifie pas qu’il faille éviter d’opposer les modes de transport. Nous postulons au contraire que les différents modes de transport sont en concurrence, que ce soit pour l’espace public limité, mais aussi pour d’autres aspects, comme le financement public. Ainsi, dans le contexte actuel en Suisse, il est indispensable de reconnaître cette compétition et de prendre des décisions pour rééquilibrer leur répartition.

Multimodalité : le mot magique pour ne fâcher personne

Depuis quelques années, le mot multimodalité s’est imposé dans le discours public. Il a l’avantage d’être consensuel : chacun peut s’y reconnaître, automobilistes, usagers des transports publics, cyclistes ou piétons. Mais derrière ce terme rassembleur se cache souvent une manière élégante d’éviter la question centrale : qui occupe l’espace ? Car lorsque l’espace est limité, promouvoir tous les modes de transport à la fois revient parfois surtout à éviter de trancher.

Ainsi, même si plaire à toutes et tous peut sembler séduisant en politique, l’espace des routes, lui, ne s’étend pas à l’infini : il impose de faire des choix.

Aujourd’hui, dans de nombreuses villes, près de 60% de l’espace est consacré au trafic automobile, entre les voies de circulation et les places de stationnement. Ce chiffre rappelle une réalité simple : malgré les discours sur la diversité des mobilités, la voiture reste de loin le mode de transport auquel on réserve le plus de place. Autrement dit, même lorsque la politique parle de multimodalité, la répartition de l’espace raconte souvent une tout autre histoire.

Illustration de l’artiste suédois Karl Jilg

Cette question est bien illustrée par ce que certains urbanistes appellent « l’arrogance de l’espace » (arrogance of space) : la voiture occupe une surface très importante par personne transportée, que ce soit en circulation ou à l’arrêt. À surface égale, un flux de vélos peut transporter cinq à dix fois plus de personnes qu’un flux de voitures. La question de la mobilité devient alors aussi une question d’efficacité dans l’utilisation d’un espace limité.

Une évolution historique

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, il faut revenir un peu en arrière. Après la Seconde Guerre mondiale, la généralisation de la voiture a profondément transformé les habitudes de déplacement et, par extension, nos normes et nos lois. En Suisse, le nombre de voitures est passé d’environ 150’000 en 1950 à plus de 1,6 million vingt ans plus tard.

En 1960, la Confédération a décidé de créer un réseau autoroutier national. L’objectif est de doter le pays d’un système cohérent d’autoroutes et de routes principales à haut débit, marquant le passage d’un réseau cantonal fragmenté à un maillage national planifié, capable de répondre à la motorisation croissante de l’après-guerre.

Ce développement est particulièrement marqué en Valais. Le nombre de véhicules routiers motorisés s’élève à 298’000 en 2020. En comparaison nationale, le canton présente un taux motorisation élevé: le taux cantonal est de 648 voitures de tourisme pour 1’000 habitants, alors que la moyenne nationale est de 541 (source: Service valaisan de statistique et de péréquation).

Source: Etat de Vaud

Un confort qui rend dépendant

Il est indéniable que la voiture a facilité la vie quotidienne et transformé nos déplacements. Elle permet de transporter aisément des personnes, mais aussi des objets lourds ou encombrants, rendant possibles des activités qui seraient autrement difficiles.

Mais elle a aussi amené son lot de problèmes, en premier lieu la dépendance. La voiture a rendu beaucoup de personnes dépendantes au point que le choix du mode de transport ne se pose presque plus : rester dans son habitacle sur quatre roues semble désormais évident, même pour des petites distances. Nous sommes devenus si dépendants que nous acceptons volontiers de passer de longues heures dans les bouchons, alors même que des alternatives plus écologiques, plus saines, moins onéreuses et souvent plus rapides existent dans de nombreuses situations.

Cette dépendance ne s’explique pas seulement par les habitudes individuelles. La voiture a aussi profondément influencé la manière dont nous avons organisé et occupé l’espace. Routes élargies, stationnement omniprésent, aménagements pensés avant tout pour la circulation automobile : au fil du temps, nos villes et nos territoires se sont structurés autour de ce mode de transport. En retour, cet aménagement de l’espace renforce encore la dépendance à la voiture, en rendant les alternatives moins pratiques ou moins sûres.

Ainsi, cette dépendance a profondément influencé la vision de la mobilité au fil des ans. Bien que les concepts de mobilité douce ou active (marche, vélo) se soient démocratisés, ils peinent encore à se traduire par des mesures fortes ou un rééquilibrage réel de l’espace routier. Ainsi, on concède parfois un peu de place aux vélos, mais la plupart des infrastructures cyclables en Suisse restent lacunaires.

La dépendance à la voiture instaure des attitudes très motonormées (en savoir plus sur la motonormativité) et créé un déséquilibre durable des parts modales, en faveur de la voiture, notamment par l’espace qu’on lui réserve.

Source : Australia’s Cycling Promotion Fund

Ainsi, plus qu’un simple slogan séduisant, le refus d’opposer les modes de transport apparaît comme un concept en décalage avec les politiques publiques souhaitables et l’urgence de rééquilibrer l’espace de nos routes! Réduire la place actuellement réservée aux voitures est non seulement un enjeu de santé publique, mais aussi un choix de société : c’est faire le choix d’une ville où l’on respire, où l’on circule, où l’on vit mieux.

Vers notre article « Pourquoi le vélo? »

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Le vélo jugé, le système absous 

8 février 2026

Malgré ses bénéfices largement démontrés pour la santé, l’environnement et la qualité de vie, le vélo reste l’un des modes de déplacement les plus contestés. Avec La vérité sur le vélo. Enquête sur un refus de priorité, Heidi.news met en lumière une réalité dérangeante : bien plus que les comportements des cyclistes, c’est le regard porté sur eux, et les choix politiques qui en découlent, qui freinent le développement d’une mobilité saine, équilibrée et sécurisée.

Les cyclistes, coupables idéaux

Depuis des années, le vélo fait l’objet d’une suspicion disproportionnée dans l’espace public. Le terme de « cycloterroriste », inventé il y a une vingtaine d’années, en est l’exemple le plus caricatural (p. 11). Aucune expression équivalente n’existe pour désigner les voitures, pourtant responsables de dégâts bien plus graves : excès de vitesse, usage du téléphone au volant ou non-respect des distances de sécurité. Le cycliste dérange parce qu’il remet en cause l’ordre établi de la rue.

Alors que, dans les croyances populaires, les cyclistes commettraient plus d’infractions que les automobilistes, des études menées au Danemark et au Royaume-Uni montrent un constat bien différent : 15 % des cyclistes enfreignent les règles de circulation, contre 66 % des automobilistes, principalement pour des excès de vitesse ou l’usage du téléphone (p. 24). Ces chiffres révèlent un biais culturel profond : certaines infractions sont banalisées lorsqu’elles sont commises en voiture, tandis que celles des cyclistes sont perçues comme le symptôme d’un comportement dangereux ou irresponsable.

Regarder son téléphone quelques secondes au volant ou rouler à 57 km/h dans une zone limitée à 50 sont devenus socialement acceptables. Pourtant, ce sont bien ces « petits écarts » qui provoquent chaque année des accidents graves. Le problème n’est donc pas seulement le non-respect des règles, mais la hiérarchie implicite que nous établissons entre les infractions, et entre les usagers de la route.

Source: Heidi News

Le vélo n’est pas une affaire de courage, mais de conditions

Cette asymétrie se retrouve également dans la manière de parler des accidents. Lorsqu’un cycliste est blessé ou tué, le récit public se concentre souvent sur son comportement : portait-il un casque ? Était-il visible ? Respectait-il le code de la route ? (p. 25). À l’inverse, la vitesse du véhicule impliqué, l’aménagement de la route ou l’absence d’infrastructure adaptée, notamment aux intersections, sont relégués au second plan (p. 22).

Un autre phénomène souvent ignoré mérite d’être souligné : l’augmentation continue de la taille des voitures. En Suisse, les véhicules grandissent en moyenne d’un à deux centimètres par an depuis 2011 (p. 51). Cette évolution n’est pas sans conséquence pour le partage de l’espace public et pour la sécurité des usagers plus vulnérables, mais elle reste largement absente des débats sur la responsabilité et les risques routiers.

Le vélo n’est donc pas une affaire de courage individuel, mais bien de conditions de circulation. Tant que l’analyse des accidents se focalise quasi exclusivement sur le comportement des cyclistes, les causes structurelles, aménagements, priorités données aux différents modes de transport, restent hors champ.

Lire aussi : Les préjugés les plus courants sur les cyclistes

Un enjeu majeur de santé publique

Changer de regard sur le vélo, c’est aussi changer d’échelle. Car ses bénéfices dépassent largement la seule question du trafic. Trois heures de vélo par semaine suffisent à réduire le risque de mortalité de 40 %, et ce malgré l’exposition aux particules fines (p. 46). Les avantages de la mobilité active l’emportent très largement sur les risques liés aux accidents ou à la pollution de l’air.

Les cyclistes présentent également moins de troubles de santé mentale, tandis que les maladies liées à la sédentarité et au surpoids représentent près de 80 % des coûts de la santé. Heidi.news estime que si la part des déplacements domicile-travail à vélo à Genève atteignait celle de Copenhague, les coûts de la santé pourraient diminuer de 750 millions de francs par an (p. 46). Le vélo apparaît ainsi comme un levier majeur, non seulement pour la mobilité, mais aussi pour la santé publique.

Participer à la conférence annuelle en lien avec la santé

Et pour le Valais?

Le Valais ne manque ni de vélos, ni de cyclistes potentiels. Les montagnes n’excusent pas à elles seules une faible utilisation du vélo : près de 70 % de la population habite en plaine. Développer l’usage du vélo représente pourtant une opportunité majeure pour le canton. En favorisant une mobilité plus active, le Valais pourrait réduire les coûts liés à la santé, améliorer la qualité de l’air dans les zones habitées et diminuer la pression sur des infrastructures routières souvent saturées. 

Quelques faits

  • Près de 70% des citoyennes et citoyens valaisans habitent en plaine et vivent à moins de 2km d’une gare
  • Le Valais compte 648 voitures pour 1000 habitants, contre 541 en moyenne suisse
  • En Suisse, env 45% des distances de déplacement en voiture sont inférieurs à 5km

Développer une véritable culture du vélo ne consiste pas à opposer les usagers, mais à concevoir un système cohérent, lisible et sûr. Le message central de ce numéro de Heidi.news est clair : le vélo n’est pas un problème à gérer, mais une solution à activer. À condition de cesser de juger les cyclistes, et de commencer à interroger sérieusement le cadre dans lequel on leur demande de circuler.

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Plus de stationnements pour vélos chez les particuliers – un pas décisif est franchi !

5 janvier 2026

Avec l’adoption par le Grand Conseil valaisan de la nouvelle mouture de la loi cantonale sur les constructions et l’entrée en vigueur du nouvel article 39, le cadre légal évolue de manière décisive en faveur du vélo. Désormais, tous les nouveaux projets de construction doivent intégrer des places de stationnement conformes aux normes de l’Association suisse des professionnels de la route et des transports (VSS), y compris pour les vélos. Cette évolution marque un tournant important pour la qualité des bâtiments et pour le développement de la mobilité douce en Valais.

Exemple de places de stationnements qui ne sont pas aux normes
(parking du Nord, Sion)

Des normes désormais contraignantes

PRO VELO Valais/Wallis salue cette avancée politique majeure. En faisant expressément référence aux normes VSS, l’article 39 leur confère désormais un caractère contraignant pour l’ensemble des obligations liées aux places de stationnement : nombre de places, dimensionnement, implantation, places communes, exceptions et contributions de remplacement. Alors que ces normes étaient jusqu’ici souvent appliquées comme de simples recommandations, elles deviennent désormais juridiquement opposables. Cette clarification crée une base solide et uniforme à l’échelle cantonale et garantit que les stationnements vélos seront planifiés selon des standards reconnus de qualité et de fonctionnalité.

Notre intervention sur Rhône FM (07.01.2026)

PRO VELO informe les professionnels de la construction

Afin d’accompagner cette évolution, PRO VELO Valais/Wallis a entrepris une démarche d’information ciblée auprès des bureaux d’architectes et d’ingénieurs actifs dans la conception de logements. Ces jours-ci, une lettre leur est envoyée pour présenter la nouvelle réglementation, souligner l’importance d’intégrer les stationnements vélos dès les premières phases de planification et montrer qu’il est beaucoup plus simple — et plus efficace — de les prévoir dès le début d’un projet que de les ajouter a posteriori.

L’objectif est de favoriser des solutions bien intégrées, fonctionnelles et adaptées aux besoins réels des habitantes et habitants, en évitant des aménagements de fortune peu pratiques ou sous-dimensionnés.

Lire la lettre
Vers le communiqué de presse

Des outils concrets pour bien faire

Les bureaux intéressés ont également reçu le Guide vélo, le manuel stationnement des vélos de la Conférence Vélo Suisse ainsi que le guide exemplaire élaboré par les autorités communales sédunoises. Ces documents détaillent les bonnes pratiques, les exigences techniques et les éléments clés à respecter pour concevoir des stationnements fonctionnels, sûrs et adaptés aux besoins des usagères et usagers.

Une réponse à une demande forte

En 2026, la demande en stationnements vélos est forte dans toute la population. Que ce soit pour les déplacements domicile-travail, les études, les loisirs ou les trajets du quotidien, de plus en plus de personnes choisissent le vélo. Des stationnements bien conçus sont une condition essentielle pour rendre ce choix possible et attractif. Ils contribuent directement à une mobilité plus durable, à la réduction du trafic motorisé et à une meilleure qualité de vie en Valais.

Par cette réforme et par l’entrée en vigueur de l’article 39, le canton se dote enfin d’un outil efficace pour intégrer pleinement le vélo dans la conception des bâtiments et des quartiers. PRO VELO Valais/Wallis se réjouit de cette avancée et poursuivra son engagement pour que ces nouvelles règles soient mises en œuvre de manière ambitieuse et cohérente sur le terrain.

JM UCCIANI, dessinateur
www.ucciani-dessins.com

Politique: il est temps d’agir pour la mobilité cyclable

23 novembre 2025

Une planification en retard : l’échéance approche, les moyens peinent à suivre

Le canton du Valais doit planifier l’ensemble de son réseau cyclable cantonal d’ici fin 2027, conformément aux exigences fédérales. Or, seuls quelques plans sectoriels ont été réalisés à ce jour, alors que la majorité reste encore à élaborer.

Cette situation crée un décalage inquiétant entre les ambitions affichées et la réalité du terrain. Sans planification complète, les aménagements ne peuvent pas avancer, ce qui retarde la création d’un réseau cohérent, continu et sécurisé pour les cyclistes.

Les ressources actuellement à disposition du Service de la mobilité ne semblent pas suffisantes pour mener à bien, dans les délais, l’ensemble du travail de coordination, de concertation et d’études techniques que nécessite une planification complète du réseau.

Dès lors, une question centrale se pose :

Comment le canton pourra-t-il finaliser la planification dans les délais fédéraux si les ressources restent inchangées ?

Si le Valais souhaite atteindre l’objectif de 2027, un renforcement des moyens — humains ou externes — apparaît nécessaire. Pour l’heure, aucune décision concrète n’a encore été annoncée.


Deux interventions parlementaires qui illustrent des besoins très concrets sur le terrain

Les difficultés de la planification ne sont pas théoriques : elles se traduisent par des retards dans des projets cyclables essentiels, en plaine comme dans le Haut-Valais. Deux interventions récemment déposées au Grand Conseil en témoignent.

🔹 Pont-de-la-Morge – Sion : une requalification annoncée, mais des incertitudes persistantes

Dans une question écrite (2025.11.419), le député Florian Chappot (PS) demande des éclaircissements sur l’avancement de la requalification de la route T9 entre Pont-de-la-Morge et Sion-Ouest, un projet présenté début 2024 et destiné à sécuriser un axe de 2,7 km, notamment en intégrant :

  • des cheminements continus pour les cyclistes,
  • des aménagements conformes pour les piétons,
  • des arrêts de bus modernisés.

Les travaux étaient annoncés pour 2027, mais plusieurs zones d’ombre subsistent. Le député demande donc :

  • où en est la procédure (études, autorisations, mise à l’enquête),
  • si le calendrier peut être tenu,
  • si le projet reste une priorité cantonale,
  • et si le cofinancement fédéral ou communal doit être adapté.

Cette intervention souligne l’importance d’assurer un suivi rigoureux des projets stratégiques intégrant des infrastructures cyclables.

Vidéo du projet
Lire l’ntervention parlementaire

🔹 Brig – Visp – Baltschieder : intégrer une liaison vélo rapide avant qu’il ne soit trop tard

Dans un postulat transpartisan (2025.11.503), plusieurs députés demandent d’intégrer une liaison vélo rapide sur la rive gauche du Rhône dans la 3ᵉ correction du Rhône.

Ils estiment que le calendrier actuel des travaux offre la dernière fenêtre réaliste pour intégrer cette infrastructure, essentielle pour les pendulaires et les entreprises de la région — notamment Lonza — ainsi que pour les communes concernées.

Ils demandent au Conseil d’État :

  • de prioriser officiellement cette liaison dans la planification en cours,
  • de garantir les connexions et passerelles nécessaires vers les quartiers et zones d’activités,
  • et d’examiner sa prolongation jusqu’à Visp et Baltschieder.

Ce postulat met en évidence un besoin clair et longtemps attendu dans le Haut-Valais : une infrastructure cyclable continue, efficace et sécurisée.

Lire l’intervention parlementaire (en allemand)

Agissons – et rapidement !

Ces interventions montrent que l’urgence n’est plus à démontrer : la planification accuse du retard, les moyens semblent insuffisants et plusieurs projets stratégiques peinent à progresser. Pour garantir un réseau sûr et cohérent d’ici 2027, le canton devra agir — et rapidement.

PRO VELO Valais/Wallis continuera son lobbyisme politique et suivra ces dossiers afin d’informer dès que des décisions concrètes seront prises.

Un nouveau vélo ? Mieux vaut habiter au bon endroit!

27 juillet 2025

PRO VELO Valais/Wallis a récemment mené un sondage auprès de l’ensemble des communes valaisannes afin de mieux comprendre leur politique de soutien à l’utilisation du vélo. Ce travail a permis de dresser un état des lieux précis des subventions disponibles et de la manière dont elles communiquent (ou non) sur la mobilité.

Moins de 20 % des communes octroient des subventions pour l’achat de vélos

Sur les 84% ayant répondu au sondage, seules 16% des communes encouragent l’acquisition de nouveaux vélos par un soutien financier. Fait marquant: aucune commune haut-valaisanne n’accorde de subvention.


Sans surprise, ces aides concernent en immense majorité des vélos à assistance électrique, dont la popularité grimpe en flèche depuis plusieurs années. Génial, mais n’oublions pas que d’autres types de vélos, comme les musculaires ou les cargos, méritent également d’être considérés — ce qu’un tiers des subventionnaires a bien compris.

Il faut le reconnaître : les montants alloués font plaisir ! Entre 200 CHF et 500 CHF, une aide qui peut faire pencher la balance en faveur du vélo… et laisser la voiture au garage.

Une politique cyclable ce n’est pas une charge, c’est une opportunité !

Au-delà de l’engagement écologique, soutenir l’achat de vélos représente de nombreux avantages pour les communes elles-mêmes : meilleure santé de sa population, réduction du trafic local, moins d’entretien des routes, plus grande sécurité ou encore augmentation de l’attractivité communale. Bref, investir dans le vélo, c’est investir dans la qualité de vie locale.

Pour ceci, l’encourager bien sûr… mais aussi en parler ! Encore trop peu de sites officiels locaux disposent d’une page internet dédiée au vélo ou même à la mobilité. Pourtant, mettre en avant les mesures inciterait concrètement les habitants à revoir leurs habitudes de déplacement.

Notre appel pour plus de vélos-cargos

Le vélo-cargo en Valais, c’est un peu comme un couteau suisse à pédales : il transporte les enfants, les courses, ou même le chien, sans une goutte d’essence. Grâce à leur capacité de transport élevée, ils permettent aux familles, artisans et commerçants de se déplacer efficacement tout en réduisant leur empreinte carbone.


En ville, notamment à Sion, Sierre ou Brigue, ils facilitent les livraisons du dernier kilomètre sans congestionner le trafic ni polluer l’air. Dans les zones de plaine, leur usage est idéal pour remplacer la voiture sur de courtes distances, que ce soit pour faire les courses, amener les enfants à l’école ou transporter du matériel. De plus, leur adoption favorise une meilleure qualité de vie : moins de bruit, plus d’activité physique, et une réduction des coûts liés aux transports. En encourageant leur usage par des subventions ou des infrastructures adaptées, le Valais peut faire un pas concret vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement et mieux adaptée aux besoins locaux.

Un rôle clé pour les communes

Dans le récent bilan intermédiaire de la Loi sur les voies cyclables, PRO VELO Valais/Wallis soulignait l’importance de la participation communale dans le développement et l’application d’une stratégie vélo. Ce sondage le confirme : elles ont entre leurs mains un levier concret pour agir, que ce soit à travers des subventions, des infrastructures, l’organisation de cours vélo ou une communication plus claire.

Nous remercions chaleureusement toutes les communes qui ont pris le temps de répondre à notre enquête ! Ensemble, favorisons un Valais plus sain, plus durable et plus sûr !

Quid de ma commune?
Notre communiqué de presse (28.07.2025)

Les médias en parlent :

  • Canal 9 : « Pas assez de subventions en Valais selon PRO VELO »
  • Rhône FM: « Seulement 16% des communes valaisannes subventionnent les vélos »
  • Walliser Zeitung : « PRO VELO Wallis beklagt Velograben »

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